Fonds mondial : les ONG interpellent

7 Octobre 2019
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La conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme se tient à Lyon, les 9 et 10 octobre à Lyon. Deux cents organisations non gouvernementales ont appelé, à quelques jours de cet événement, à une augmentation de 450 millions d’euros par an de la contribution française. « Le 24 septembre, vous l’avez rappelé haut et fort à la tribune des Nations unies, « les résultats sont là » : 32 millions de vies sauvées grâce au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. À sa création en 2001, personne ne pensait que ce fonds aurait un tel impact ! Qu’il aboutirait à ce que plus de 60 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde bénéficient désormais d’une trithérapie, et que cinq millions de personnes atteintes de tuberculose soient mises sous traitement. Que, dans de nombreux pays, il stopperait la transmission du VIH des mères à leurs enfants au moment de l’accouchement et permettrait à six millions de femmes enceintes d’être traitées préventivement contre le paludisme ». « Cela, c’est en grande partie à la France que nous le devons (…) C’est votre héritage, mais la lutte contre les pandémies a encore besoin de vous. Pour l’ONU, la fin du sida et du paludisme est possible à l’horizon 2030, et la fin de la tuberculose peut suivre », expliquent les ONG signataires. Reste que l’Onu alertait, dès juilet dernier, sur la baisse de l’aide internationale contre les pandémies et le risque de leur résurgence si la communauté internationale ne se mobilisait pas à la hauteur des enjeux. Pour les ONG, le « Fonds mondial doit refléter le réel engagement de tous les pays contributeurs à mettre fin aux trois pandémies » ; pour cela, il ne faut pas moins de 14 milliards de dollars pour les trois prochaines années. Ces derniers mois, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon, l’Italie, la Commission européenne et l’Allemagne ont déjà annoncé des augmentations significatives de leur contribution au Fonds pour les trois prochaines années. La France le fera lors de la conférence à Lyon. Les ONG demandent une augmentation de la contribution française d’au moins 25 %, soit 450 millions d’euros par an. « L’équivalent du transfert de deux stars du football français, ou du budget prévu pour compenser l’arrêt de la publicité après 20 heures sur France Télévisions », soulignent les ONG. « Ne comparons pas l’incomparable, mais rappelons-nous que le coût de l’élimination des pandémies est largement à la portée des États ».