France : état d’esprit

16 Septembre 2023
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Rentée noire. L’Ifop-Fiducial a, sur commande de Sud Radio, interrogé les Français-es sur leur état d’esprit en cette rentrée ; histoire de savoir quel était leur niveau d’optimisme et quels étaient, pour eux-elles, les enjeux prioritaires du moment. En cette rentrée, le moral des Français-es n’a (presque) jamais été aussi bas, note l’institut de sondage : trois quarts des Français-es se disent pessimistes concernant leur avenir ou celui de leurs enfants (74 %). Un état d’esprit profondément marqué dans le temps puisque depuis 1995, la proportion de personnes pessimistes est majoritairement représentée par rapport aux personnes se disant optimistes. Le degré de pessimisme augmente nettement avec l’âge (il est de 68 % pour les 18-24 ans contre 82 % pour les 50-64 ans), mais aussi chez les individus vivant difficilement voire de façon précaire comme les personnes au chômage (89 %), les personnes dont le niveau d’étude est le CAP ou le BEP (81 %) et les catégories populaires (77 %). L’affiliation politique joue également sur la perception plus ou moins positive d’une situation future, en particulier chez les électeurs-rices de Jean-Luc Mélenchon lors de la dernière élection présidentielle (86 % se disent pessimistes) ou chez ceux-celles de Marine Le Pen (90 %), tandis que les électeurs-rices d’Emmanuel Macron sont davantage optimistes face au futur (42 % de pessimistes). Ces derniers jours, la classe politique tourne en boucle sur la question de l’immigration, notamment l’idée de proposer un référendum sur ce sujet, défendue par la droite et l’extrême droite. Alors qu’en cette rentrée politique l’immigration est présentée comme le sujet de la future grande réforme d’Emmanuel Macron, elle n’apparait pas dans les enjeux les plus prioritaires pour les Français-es : 55 % jugent la lutte contre l’immigration clandestine comme « tout à fait prioritaire », loin derrière la santé, premier enjeu cité (83 %). La hausse des prix et l’inflation occupent la deuxième place avec 80 % de citations (plus trois points) et une dé-corrélation inédite avec la thématique du chômage (52 % de citations). Par ailleurs, certaines inquiétudes sont particulièrement moins représentées par rapport à l’année dernière : la lutte contre le terrorisme (61 % ; moins douze points), la protection de l’environnement et la lutte contre le dérèglement climatique (56 % ; moins treize points), l’amélioration de la situation des banlieues (55 % ; moins trois points), la lutte contre le chômage (52 % ; moins cinq points), la réduction de la dette publique (37 % ; moins quatre points) ou le thème de l’Europe et l’Union européenne (21 %  de citations, soit une baisse de cinq points à quelque mois de l’élection).
L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 010 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 23 au 24 août 2023.