Grèce : relaxe des prostituées accusées d'avoir propagé le sida

2 Janvier 2017
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Huit femmes accusées d'avoir transmis le VIH ont été relaxées vendredi 16 décembre par un tribunal d'Athènes. C’est l’épilogue de l'affaire dite des "séropositives" au cours de laquelle une trentaine de travailleuses du sexe avaient été soumises de force à des tests VIH au motif qu’elles auraient transmis le VIH à leurs clients. Dans cette affaire, qui avait valu à la Grèce d'être interpellée sur son respect des droits de l'Homme, notamment par Amnesty International, le tribunal a suivi le réquisitoire de la procureure, indique l’AFP.   Selon l'agence de presse grecque Ana, cette dernière a mis en avant qu'il n'avait pas été prouvé "que ces femmes se prostituaient, qu'elles avaient des rapports sexuels sans préservatif, ni, à l'exception de l'une d'entre elles, qu'elles se savaient séropositives". Selon Sissy Vovou, du "Comité de soutien aux séropositives poursuivies", le tribunal a également interdit la diffusion et la publication des photos des accusées, qui avaient à l'époque de leur arrestation été rendues publiques par la police et notamment publiées dans certains journaux grecs. Ces femmes avaient été arrêtées dans le cadre d'une rafle de prostituées présumées séropositives, qui avait été lancée dans un contexte de surenchère sécuritaire pré-électorale. Une trentaine de femmes, pour la plupart usagères de drogues par injection, avaient alors été interpellées puis soumises de force à des tests VIH avant d'être placées, certaines jusqu'à onze mois, en détention préventive. Les services sanitaires grecs avaient parallèlement mis en place des centres d'appel à la disposition des clients potentiels, auxquels plusieurs milliers d'hommes s'étaient adressés. La prostitution est légale en Grèce, à condition qu'elle s'exerce dans le cadre de maisons closes au fonctionnement théoriquement très réglementé.