Greffe du foie d'une mère séropositive à son enfant

13 Octobre 2018
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Pour sauver un enfant séronégatif atteint d’une maladie grave du foie, des médecins sud-africains n'avaient d'autre choix que de lui greffer une partie du foie de sa mère, vivant avec le VIH. Leur opération, une première mondiale, semble avoir réussi, indique l’AFP. Elle a été réalisée par l’équipe de l'université du Witwatersrand à Johannesburg qui a annoncé, jeudi 4 octobre, qu'un an après l'opération, l'enfant ne semblait pas présenter les signes d'une infection par le VIH. « Dans les semaines qui ont suivi la greffe, nous pensions que l'enfant était séropositif », a expliqué le chirurgien, Jean Botha, dont les travaux sont publiés dans la revue Aids. Toutefois, des tests récents laissent à penser que leur petit patient n’est finalement pas positif pour le VIH. Le traitement anti-VIH qui lui a été prescrit « pourrait avoir empêché la contamination. Nous ne le saurons de manière définitive qu'avec le temps », a ajouté le Dr Jean Botha. L'opération présentait « des risques de transmission du VIH pour le receveur », mais elle a été tentée en raison des « circonstances exceptionnelles  » de la situation du jeune patient, a expliqué l'université dans un communiqué. Cette greffe, une « première mondiale » réalisée à partir d'un adulte séropositif dont la charge virale était indétectable, offre de nouvelles alternatives pour les demandeurs d'organes. Elle « présente un nouveau vivier de donneurs vivants qui pourrait permettre de sauver des vies », se sont réjouis les chercheurs-ses. Dans un texte publié sur le site The Conversation, les trois chercheurs-ses qui ont réalisé cette opération reviennent sur le « dilemme éthique » qu’a constitué cette décision médicale. « En Afrique du Sud, la loi n’interdit pas la transplantation d’un organe provenant d’un donneur vivant séropositif à un receveur séronégatif, à condition qu’une solide procédure de consentement éclairé soit mise en place. En raison du risque de transmission du virus, cette approche n’est toutefois pas considérée par tous les cliniciens comme faisant partie des bonnes pratiques », rappellent les trois médecins. « Nous n’avons en définitive pas été en mesure d’établir si l’enfant est effectivement infecté par le VIH. Même le recours à des tests ultra-sensibles et très spécialisés n’a pas permis de détecter le VIH lui-même dans le sang ou les cellules de l’enfant », rapportent les médecins. Ces derniers rappellent qu’en l’absence de cette greffe, l’enfant serait probablement mort aujourd’hui. L’Afrique du Sud fait face à une terrible pénurie de donneurs d’organes, et la solution du don par sa mère était l’unique chance de sauver le jeune garçon. Dans leur texte, les trois médecins expliquent dans le détail toutes les « considérations éthiques et juridiques » qu’ils ont prises en compte en amont de la réalisation de cette intervention.