Grossesse, VIH et ARV

2 Mai 2023
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La prise d'un traitement antirétroviral avant une grossesse réduit considérablement le risque de développer des troubles de la tension artérielle tels que la pré-éclampsie pendant la grossesse, selon une vaste étude menée dans la province du Cap-Occidental en Afrique du Sud rapporte le site Aidsmap. Environ 8 à 10 % des grossesses sont compliquées par l'apparition d'une hypertension artérielle. Cela peut entraîner une croissance sous-optimale du fœtus, car moins d'oxygène est transféré à travers le placenta. La pré-éclampsie se caractérise par une élévation de la tension artérielle et la présence de protéines dans les urines, signe d'une atteinte des reins. Dans les cas les plus graves, elle s'étend au foie et au cerveau, et perturbe les composants du sang (globules rouges, plaquettes, coagulation). Elle est causée par une malformation des vaisseaux sanguins du placenta et provoque une souffrance du fœtus et une hypertension artérielle chez la mère. Les complications de cette maladie peuvent être graves, notamment la crise d'éclampsie, et nécessitent une hospitalisation. L’étude en question publiée le 8 février 2023 dans la revue scientifique AIDS montre que la prise d'un traitement antirétroviral pendant au moins deux ans avant l'accouchement a légèrement réduit le risque de troubles de la tension artérielle par rapport au fait de commencer le traitement juste avant ou au début de la grossesse. Afin de clarifier le risque de troubles de la tension artérielle pendant la grossesse chez les femmes vivant avec le VIH, des chercheurs-ses d'universités d'Afrique du Sud et des États-Unis ont examiné l'incidence de nouveaux troubles de la tension artérielle au cours de 180 533 grossesses, dont l'accouchement a eu lieu dans des établissements de santé publics de la province du Cap-Occidental en Afrique du Sud en 2018 et 2019. Le dépistage systématique du VIH a été proposé lors de la première visite prénatale et le taux de participation a été élevé, ont rapporté les chercheurs-es. Au total, 81 % des femmes enceintes étaient séronégatives au VIH, 11 % vivaient avec le VIH et suivaient un traitement antirétroviral avant la conception, 5 % ont commencé un traitement antirétroviral pendant la grossesse et 2 % vivaient avec le VIH, mais ne suivaient pas de traitement antirétroviral pendant la grossesse. Un nouveau trouble de la tension artérielle a été diagnostiqué dans 7,6 % des grossesses. Un peu moins d'une femme sur cinq (19 %) avait déjà reçu un diagnostic d'hypertension artérielle. L'incidence d'un nouveau trouble de la tension artérielle était la plus élevée chez les femmes vivant avec le VIH qui ne suivant pas de traitement antirétroviral (9,8 %) et la plus faible chez les femmes vivant avec le VIH ayant commencé un traitement antirétroviral avant la conception (6,9 %). Chez les femmes séronégatives au VIH, l'incidence était de 7,7 %. Après ajustement des facteurs maternels et liés à la grossesse, la prévalence était inférieure de 22 % chez les femmes vivant avec le VIH ayant commencé un traitement antirétroviral avant la conception, inférieure de 17 % chez les femmes ayant commencé un traitement pendant la grossesse et supérieure de 17 % chez les femmes ne suivant pas de traitement antirétroviral, par rapport aux femmes séronégatives. Enfin, la prévalence était inférieure de 11 % chez les femmes qui avaient suivi un traitement antirétroviral pendant plus de 100 semaines par rapport à celles qui l'avaient suivi pendant plus de 20 semaines pendant la grossesse. Les chercheurs-ses précisent que le lien entre une plus longue durée de traitement antirétroviral et un risque plus faible d'apparition d'un nouveau trouble de la pression artérielle peut s'expliquer par la stabilisation immunitaire à long terme résultant du traitement. Cette découverte devrait encourager à poursuivre les efforts pour diagnostiquer le VIH chez les femmes et commencer un traitement antirétroviral avant la conception.