GSK 254, une nouvelle classe de médicaments

12 Janvier 2023
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Lors de la conférence américaine de la Croi en mars 2021, une nouvelle classe de médicaments contre le VIH était présentée : les inhibiteurs de la maturation. Comme le nom l’indique, les inhibiteurs de la maturation agissent durant le stade final de la production virale à l’intérieur des cellules infectées par le VIH. Ces médicaments empêchent la maturation des nouvelles copies du VIH et les rendent ainsi non infectieuses. Le laboratoire ViiV met au point un inhibiteur de la maturation portant le nom de code GSK 3640254 (écourté en GSK 254). Il est administré une fois par jour et joue donc sur la dernière étape du cycle viral, empêchant la maturation du virus. Plusieurs dosages de ce composé ont été évalués chez des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), qui n’avaient jamais pris de traitement. Le site canadien Catie rapporte que lors d’un essai clinique, aucune résistance au GSK 254 n’est apparue après sept jours d’utilisation chez des PVVIH recevant ce dernier comme seul médicament anti-VIH (monothérapie). Cependant, lorsque l’utilisation en monothérapie a duré dix jours, une résistance est apparue. Ainsi, à l’avenir, GSK 254 devra être utilisé en association avec d’autres médicaments contre le VIH, afin de minimiser le risque de résistance. Lors de cet essai clinique mené auprès de 34 PVVIH, l’équipe de recherche a mis à l’épreuve diverses doses du composé 254. Selon la dose utilisée, la charge virale a chuté par un facteur de 10 à 100 au cours de l’étude (sept à dix jours). Selon l’équipe de recherche, neuf participants-es (26 %) ont fait état de 14 effets indésirables liés au médicament, dont les plus courants étaient : « diarrhée, douleurs abdominales et vomissements ». L’équipe a précisé qu’il s’agissait d’effets indésirables « d’intensité légère à modérée ». Personne n’a quitté l’étude prématurément ou n’est décédé à cause d’effets indésirables liés au médicament. Il est probable que la firme pharmaceutique ViiV mènera des essais cliniques d’envergure et de plus longue durée pour évaluer l’innocuité et l’efficacité du composé 254 en association avec d’autres médicaments contre le VIH. « Ainsi, plusieurs années pourraient s’écouler avant que le composé 254 soit approuvé au Canada et dans les autres pays à revenu élevé en tant que nouvelle option pour le traitement du VIH », conclue le site Catie.