Gynécologues des beaux quartiers et CMU

18 Mars 2018
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Pas de soins gynécologiques pour les femmes pauvres ! C’est l’amer constat posé par le testing effectué par le site d’investigation StreetPress, qui a interrogé anonymement près de 150 gynécologues dont le cabinet était situé dans les 6, 7, 8 et 16e arrondissements de Paris. "141 coups de téléphone plus tard, plus les rappels, les chiffres sont éloquents. 57 d’entre eux ont refusé de nous donner un rendez-vous, 71 ont accepté et 13 n’ont pas répondu, soit 44,5 % de refus de prise en charge (parmi les répondants)", rapporte Eva Quéméré pour StreetPress. Loin des valeurs du serment d’Hippocrate, le taux de refus de soins ou de prise de rendez-vous lorsqu’a été spécifié le fait d’être bénéficiaire de la CMU-C s’élève à 44,5 %. Un chiffre ahurissant pour une pratique totalement interdite par le Code de la santé publique. Et toutes les mauvaises excuses sont bonnes : peu de places, patientèle chic, s’engager à payer les dépassements d’honoraires, ou délais d’attentes interminables, les praticiens redoublent d’imagination pour trouver un prétexte valable. Sauf que voilà, la journaliste précise avoir retenter une prise de rendez-vous sans annoncer la CMU-C cette fois, pour comparer les réponses : "Notre seconde prise de rendez-vous, cette fois-ci sans préciser que nous sommes bénéficiaires de la CMU, montre que bien souvent cette excuse déguise un refus : les délais passent à une semaine". Interrogée par StreetPress, Florence Navattoni de France Assos Santé dénonce ces pratiques et l’argument des beaux quartiers comme impératif d’avoir des patient-e-s bien doté-e-s : "Rien ne les oblige à s’installer dans ces quartiers. Souvent, ils le font pour trouver une patientèle qui a les moyens de payer de forts dépassements d’honoraires. De ce fait, les déserts médicaux sont une réalité en Ile-de-France", précise-t-elle. Ces pratiques de refus de soins, dénoncées par les associations de malades et le Défenseur des droits, sont malgré tout difficiles à éradiquer, avec des procédures d’alerte de la CPAM longues et fastidieuses. Et cela dans toutes les spécialités. En décembre 2016, AIDES avait réalisé aussi un testing des dentistes, qui refusaient à hauteur de 30 % de prendre rendez-vous pour les personnes séropositives.

Commentaires

Portrait de IMIM

Rien que de le lire ca m'fait du bien.......Ouvrons nos yeux et nos oreilles !!!!

Par contre,  "des procédures d'alerte" ??? Mais en k de FLAGRANT DELIT, comme l'expérience citée ci-dessus, il se passe quoi concrètement ??? Pas de dépot de plaintes ????

Le fossée se creuse.....
Jvè encore jeté un pavé ds la mare .dsl

Quand ds les cités les médecins sont caillassés, c parce que à 1 moment ou à 1 autres les gens ont subit de la discrimination de la part du corps médical
*** Un propos a été modéré ***

Merci l'égalité sanitaire,  les médecins et le  fameux "serment de mon Q" !!!!!

Portrait de L'or

Quelle honte le corps médical qui est censé soigner des personnes sans discrimination, du n'importe quoi serment d'hypocrisie oui au d hypocrate