Handicap et VIH : un risque aggravé ?

4 Mars 2022
295 lectures
Notez l'article : 
0
 

Au niveau mondial, la situation de handicap est de plus en plus présente. Cela s’explique notamment en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation des maladies chroniques. Grâce à l’accès à long terme à une thérapie antirétrovirale, il n’est plus rare de vivre longtemps avec un VIH chronique, ce qui est une excellente nouvelle, mais cela peut se produire parallèlement à d’autres comorbidités, voire au risque d’invalidité. Comme l’explique l’Onusida, les personnes handicapées sont davantage exposées au risque de pauvreté, aux inégalités économiques et légales, à la violence sexiste, à l’exploitation et, dans certains cas, aux abus sexuels, à l’exclusion des soins de santé et aux violations des droits humains. Cet ensemble de conséquences « augmente leur risque de contracter le VIH ». Dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, les femmes et les filles vivant avec un handicap sont parfois victimes de « croyances néfastes » telles que le « viol de vierges » (la croyance selon laquelle avoir des rapports sexuels avec une femme handicapée vierge permet de guérir le VIH) et d’autres violences sexuelles censées apporter richesse ou pouvoir à l’auteur de ces exactions, souligne l’Onusida. Ces cas sont rares, mais suffisamment fréquents pour que l’institution onusienne les évoque. Les jeunes vivant avec un handicap sont également exposés-es à des risques importants. « Comme l’opinion générale pense que ce groupe n’est pas sexuellement actif, les jeunes hommes et femmes en situation de handicap sont souvent oubliés-es dans les discussions sur l’éducation sexuelle complète et exclus-es des services de santé sexuelle et reproductive, constate l’Onusida ; d’où la récente tenue du premier Sommet mondial de la jeunesse sur le handicap. L’enjeu est d’importance. Des données venant d’Afrique subsaharienne montrent que le risque d’infection au VIH est 1,48 fois plus élevé chez les hommes en situation de handicap et 2,2 fois plus important chez les femmes en situation de handicap par rapport aux personnes sans handicap. En Afrique de l’Ouest, plusieurs études ont montré que la prévalence du VIH chez les personnes ayant un handicap était deux à trois fois supérieure en moyenne à celle de la population générale. « Les jeunes qui ont un handicap, soit environ 200 millions de personnes dans le monde, souhaitent bénéficier de soins de santé adaptés, d’une éducation inclusive, d’un accès à l’emploi et d’un meilleur accès aux nouvelles technologies. Ces jeunes sont des agents du changement pour leur propre avenir et nous sommes prêts à les entendre et à les soutenir », a expliqué Hon Kwaku Agyeman-Manu, ministre de la Santé de la République du Ghana, pays hôte du sommet. Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, la pandémie de Covid-19 a aggravé la situation. Dans son communiqué, l’Onusida rappelle qu’il « sera impossible de mettre fin au sida sans inclure les personnes handicapées ».