Handicap : la France épinglée

3 Mai 2023
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Bâtiments et transports inaccessibles, difficultés dans la scolarisation des enfants ou l’accès aux soins : la France ne respecte pas les droits fondamentaux des personnes en situation de handicap, a tranché le Conseil de l’Europe. Il donne ainsi raison à des associations qui l’avaient saisi en 2018. Le Comité européen des droits sociaux (CEDS), une structure de l’organisation paneuropéenne basée à Strasbourg, a annoncé lundi 17 avril avoir conclu à l’unanimité que la France avait violé plusieurs articles de la Charte sociale européenne. Ce texte garantit les droits sociaux et économiques fondamentaux, souligne l’AFP. Le gouvernement français doit tirer les conséquences de cette violation « établie » par des « mesures immédiates » pour mettre fin à des « injustices intolérables », ont réagi, dans un communiqué, les quatre associations qui avaient déposé une « réclamation » à Strasbourg : l’Unapei, APF France handicap, l’Unafam et la FNATH. Le Conseil de l’Europe a produit une décision très argumentée. Il y  énumère plusieurs manquements imputables, selon lui, à la France. Il cite notamment le manque de places en structures d’accueil pour personnes en situation de handicap — ce qui contraint des centaines d’entre elles à s’exiler en Belgique —, l’insuffisance des aides financières, ou l’inaccessibilité des bâtiments ou moyens de transport. « Cette décision est très importante, elle doit être un aiguillon qui exhorte les pouvoirs publics français à enfin changer de paradigme », a commenté, auprès de l’AFP, Pascale Ribes, la présidente de APF France handicap. Depuis des années, les gouvernements successifs ont eu une « conception erronée du handicap, centrée sur le soin plutôt que les droits », et sur des mesures « d’aumône sociale », a poursuivi Pascale Ribes.  Les associations disent attendre beaucoup de la prochaine Conférence nationale du handicap (CNH), prévue le 26 avril à l’Élysée. « Je n’imagine pas la France ne rien faire » après cette décision du Conseil de l’Europe, « c’est inenvisageable », a martelé Pascale Ribes. À suivre.