Harcèlement en ligne : plan d'attaque

26 Février 2019
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Le gouvernement a annoncé ses projets pour responsabiliser les plateformes et mettre fin à l'impunité en accélérant les procédures pour identifier les auteurs de propos haineux, indique l’AFP (14 février). Le secrétaire d'État au Numérique Mounir Mahjoubi voudrait faire d'Internet « un espace où l'expression positive et d'amour doit être supérieure à l'expression de la haine ». C'est ce qu'il a déclaré récemment, à l'issue de tables rondes qui se sont déroulées à Bercy avec les associations et responsables politiques engagés sur le sujet. Un projet de loi contre le cyberharcèlement devrait être présenté avant l'été, ajouté à une mobilisation générale au sein du G7 et au niveau européen. Ce « plan d'action », conduit par Mounir Mahjoubi et la secrétaire d'État à l’Égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations Marlène Schiappa, vise à pousser les plateformes à mettre « en quarantaine » ou retirer « en quelques heures" les contenus haineux. Le gouvernement propose de superviser les outils de signalement à disposition des internautes, mais incite aussi les plateformes à développer leurs outils de modération automatique, avec la possibilité pour les utilisateurs-trices de toujours faire appel. Le gouvernement souhaite « responsabiliser » les plateformes comme Twitter ou Facebook, et envisage d'auditer régulièrement leurs règles de modération des contenus. Le gouvernement dit réfléchir à la création d'un nouveau statut pour ces plateformes, qui serait situé entre celui d'hébergeur de contenus et d'éditeur, rappelant que le statut actuel d'hébergeur en ligne « limite trop fortement leur responsabilité ». « Il faut que l'ensemble de ces plateformes respectent les lois de la République », a souligné Marlène Schiappa, visant Twitter notamment (où elle est elle-même régulièrement une cible), qui n'est pas « à la hauteur des enjeux », alors que Facebook coopère. Les harceleurs profitent souvent de l'anonymat qu'offrent les réseaux pour mener leurs raids. Des déclarations d'Emmanuel Macron sur la fin de l'anonymat sur Internet ont suscité l'inquiétude de nombreux militants-es pour un Internet libre. Le gouvernement ne veut pas mettre fin à l'anonymat sur Internet, a assuré Mounir Mahjoubi, mais seulement le restreindre pour certains usages, comme les pétitions en ligne.