Homophobie : Marcel Campion fait la roue !

28 Septembre 2018
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Marcel Campion, forain (grande roue à Paris, marché de Noël sur les Champs Élysées, etc.) a suscité de très vives réactions après la publication d'une vidéo (datant de janvier 2018) dans laquelle il tient des propos homophobes envers des responsables de la mairie de Paris dont Bruno Julliard, ancien prremier adjoint d’Anne Hidalgo, ouvertement gay. « Comme il était un peu de la jaquette, il a rencontré (l'ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë), ils ont fait leur folie ensemble et paf, il est premier adjoint. Et avec Anne Hidalgo, il est super parce qu'en même temps il lui a amené tous les homos de la terre. C'est-à-dire que toute la ville maintenant est gouvernée par des homos", affirme dans cette vidéo celui qui se présente comme le « roi des forains ». « Moi, j'ai rien contre les homos, d'habitude, je dis les « pédés ». Mais on m'a dit hier qu'il fallait plus que je dise ça. Donc je ne dis plus les pédés, je dis les homos. J'ai rien contre eux, sauf qu'ils sont un peu pervers », a-t-il ajouté. Plusieurs responsables politiques ont condamné la sortie homophobe de Marcel Campion. Dénonçant des « propos abjects », Bruno Julliard a annoncé qu'il allait « déposer plainte ». « Il ne faut pas laisser passer ça », a-t-il affirmé à l'AFP. « L'homophobie n'aura jamais sa place à Paris. La justice doit être saisie », a également estimé Anne Hidalgo, la maire de Paris, tandis que la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a demandé que soient étudiées « les possibilités de recours juridiques face aux propos intolérables de Marcel Campion ». SOS Homophobie envisage aussi de « porter plainte suite à ces propos ignobles ». Les propos de Marcel Campion ont aussi donné lieu à quelques passes d’armes politiques, d’autant qu'il entend peser lors des prochaines élections municipales. Il a d’ailleurs lancé un mouvement politique, « Paris libéré » dans cet objectif. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s'est dit « atterré » et aussi « très troublé par les justifications » d'un député LREM, Joachim Son-Forget, qui a évoqué une simple « maladresse ». Même au sein de la République en marche, la position de Joachim Son-Forget a choqué. « Non mais allo quoi !? », lui a ainsi rétorqué le député LREM de Paris Stanislas Guerini. « Ces propos sont juste homophobes. Point. Allez, on se réveille et on réécoute la vidéo », a-t-il poursuivi. Le nouveau président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, le député Gilles Le Gendre s’est lui aussi montré ferme contre le discours de Marcel Campion visant en creux Joachim Son-Forget : « Ils ne méritent aucune indulgence, ni aucune explication qui pourrait conduire à en relativiser l’intention. » Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a regretté cette sortie « incompréhensible » du député Son-Forget et condamné les propos « à vomir » de Campion, demandant « qu'il soit poursuivi et lourdement condamné. » Christophe Castaner, délégué général de LREM et secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, s'est également vu reprocher un tweet dans lequel il affirme que si Marcel Campion « pense avoir été mal compris », il « doit le dire et s'excuser de la violence de ses mots ».  « On hallucine. Depuis quand suffit-il de s'excuser quand on a commis un délit ?», s'est indigné Ian Brossat, adjoint PCF à la mairie de Paris. Marcel Campion a pour sa part assuré à l'AFP qu'il était « tout sauf un homophobe ». « Si le mot « pédé » que j'ai dit une fois ou deux a pu déranger certaines personnes je m'en excuse, je suis d'une génération où on disait ces mots-là mais je ne suis pas homophobe », a-t-il déclaré, sans rire.