Homophobie : une tribune

25 Mai 2023
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À l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie, le 17 mai dernier, des associations et des personnalités politiques ou artistiques (Vincent Cassel, Julie Gayet, Rachida Brakni, Josiane Balasko, Juliette Binoche ou Jean-Luc Romero-Michel) françaises et étrangères : Tamara Adrian (Venezuela) ; Mounir Baatour (Tunisie) ; Alice Nkom, (Cameroun), etc. ont publié dans les colonnes du Monde (17 mai) un appel « Pour un moratoire sur l’application des peines contre les personnes LGBT ». Cet appel enjoint les États membres de l’ONU à voter une résolution permettant de suspendre les peines contre les personnes LGBT ». « Dans plus de soixante-dix pays à travers le monde, les personnes lesbiennes, gay, bi ou trans (LGBT) peuvent être condamnées par la loi et jetées en prison. Parfois même, elles peuvent être exécutées, simplement parce qu’elles sont ce qu’elles sont. En 2006, le Comité Idaho [Day Against Homophobia, journée internationale contre l’homophobie] avait lancé un appel pour la dépénalisation. Ce texte avait été soutenu par plus de 50 000 personnes et par de nombreuses personnalités (…) En 2008, cette initiative a abouti à une déclaration à l’Assemblée générale des Nations unies, soutenue par soixante-sept pays à travers le monde. Ce fut une première historique. Mais il convient d’aller plus loin », expliquent les signataires. « C’est pourquoi, aujourd’hui, nous proposons que soit adopté à l’Assemblée générale des Nations unies un moratoire sur l’application des peines contre les personnes LGBT. Il ne s’agirait que d’un pas, mais d’un pas important, dans l’attente de l’abolition de toute discrimination pénale dans ce domaine », expliquent-ils-elles. L’appel a bien conscience que certaines opinions publiques sont réticentes envers l’homosexualité en général et l’ensemble des personnes LGBTQI+ : « Ce que nous demandons aux pays qui pénalisent les personnes LGBT, ce n’est pas qu’ils renoncent à leur philosophie, à leurs valeurs ou à leurs croyances religieuses, mais qu’ils suspendent l’application des peines dès maintenant », prenant ainsi modèle sur ce qui a été fait dans la campagne contre la peine de mort, au niveau mondial. Et les signataires de conclure : « Il faut bien sûr que le débat ait lieu dans le monde entier sur l’homophobie et la transphobie, mais cela prendra forcément beaucoup de temps. En attendant, avec un moratoire sur l’application des peines, les pays concernés pourraient sauver la face, et nous, nous pourrions sauver des vies.