Il n'y a pas de « gène gay »

8 Septembre 2019
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Il n'y a pas de « gène gay », indique l’AFP (29 août). C'est la conclusion d'une analys réalisée sur un demi-million de profils ADN par un groupe de chercheurs-ses en Europe et aux États-Unis. Ces résultats ont été publiés, fin août, par la prestigieuse revue Science. Cette étude enterre l'idée, née dans les années 1990, qu'il existe un « gène gay » aussi prévisible que ce qui existe pour la couleur des yeux. « Il est de facto impossible de prédire l'orientation sexuelle d'une personne d'après son génome », a donc expliqué Ben Neale, membre du Broad institute d'Harvard et du MIT, l'une des nombreuses institutions dont sont issus les auteurs-rices de cette étude. L'orientation sexuelle a bien une composante génétique, disent les chercheurs-ses, confirmant des études précédentes plus petites, notamment sur des jumeaux. Mais cette composante dépend d'une myriade de gènes. « Il n'y a pas de gène gay unique, mais de nombreux petits effets génétiques répartis dans le génome », précise Ben Neale. À cela s'ajoute un facteur essentiel : l'environnement dans lequel une personne grandit et vit. Pour illustrer, les chercheurs-ses ont fait un parallèle avec la taille. Dans ce domaine, l'effet génétique est indiscutable, puisque la taille est liée à celle de ses parents. Mais la génétique n'explique pas tout : la nutrition pendant l'enfance aura un impact important. C'est ce que les scientifiques appellent l'environnement. Idem pour le risque cardiaque : des gènes créent des prédispositions, mais votre style de vie, comme votre alimentation, a un rôle plus grand encore. C’est la même chose concernant l’homosexualité. Pour Fah Sathirapongsasuti, un des auteurs de l’étude, outre l'influence d'une myriade de gènes, « l'effet de l'environnement existe, mais on n'arrive pas à le mesurer exactement. » Et Benjamin Neale d’expliquer : « Il est de facto impossible de prédire l'orientation sexuelle d'une personne d'après son génome. » Or, puisque les facteurs génétiques et environnementaux interagissent entre eux, prédire l'orientation sexuelle d'une personne en fonction de l'une ou l'autre de ces composantes semble donc impossible : « Nous avons établi qu'il existe des situations très diverses, poursuit-il. Et cela fait que notre compréhension est aujourd'hui plus profonde et nuancée. »