HPV : Les hommes sont concernés

19 Novembre 2020
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Dans un article publié récemment dans Le Quotidien du médecin, la Dre Nathalie Szapiro rappelle que le HPV, papillomavirus humain, touche aussi les hommes. D’ailleurs, il est important de vacciner les garçons autant que les filles avant leur entrée dans la sexualité active. La Haute autorité de santé (HAS) a élargi la vaccination aux garçons depuis décembre 2019. Le vaccin, très efficace et bien toléré, est ainsi recommandé chez tous-tes les adolescents-es, garçons et filles, entre 11 et 14 ans, avant les premiers rapports sexuels, avec un rattrapage pour les 15-19 ans et jusqu’à l'âge de 26 ans pour les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et/ou les personnes immunodéprimées. Les hommes ne sont pas épargnés par les tumeurs liées aux papillomavirus, notamment de l'oropharynx, de l'anus et du pénis. « On compte ainsi 1 200 cancers de l'oropharynx dus au papillomavirus, les sites les plus touchés de l'oropharynx étant l'amygdale et la base de langue », précise le Dr Philippe Gorphe, ORL au département de cancérologie cervico-faciale de l'Institut Gustave Roussy.  Les symptômes les plus courants sont une douleur pharyngée (angine qui traîne) ou un ganglion cervical de taille anormale et persistant. « Le traitement repose soit sur la chirurgie (surtout en cas d'atteinte osseuse associée) avec une radiothérapie complémentaire, soit sur la radiothérapie d'emblée associée à une chimiothérapie en cas de grosses tumeurs ou d'atteinte ganglionnaire », indique le Dr Gorphe. L'incidence des cancers anaux est de un à deux pour 100 000 habitants : 65 % touchent des femmes (âge moyen de 61 ans) et 35 %, des hommes (âge moyen de 41-42 ans). Chez ces derniers, il s'agit majoritairement de HSH vivant avec le VIH. « Leur risque relatif est multiplié par 100, raison pour laquelle un examen anal proctologique complet leur est recommandé au moins une fois, les examens suivants étant programmés en fonction de leur sexualité (un examen annuel en cas de multipartenariat), explique le Dr Laurent Abramowitz, gastro-entérologue et proctologue, à l'hôpital Bichat - Claude Bernard (Paris). « En fait, tout le monde est infecté par des HPV au niveau de l'anus, du pénis et du col, mais très peu vont développer un cancer car la plupart éliminent spontanément le virus. Être immunodéprimé et/ou avoir plusieurs partenaires, augmentent les risques de cancer anal, mais attention aux idées préconçues : le cancer de l'anus n'est pas forcément lié à un rapport anal. Quant au port du préservatif, il diminue le risque, mais ne l'annule pas » rappelle le Dr Laurent Abramowitz.