IAS 2022 et réfugiés-es

9 Août 2023
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Espoir. Près d’une personne sur six ayant participé en 2022 à la conférence mondiale sur le sida à Montréal a demandé le statut de réfugié-e après la tenue de l’événement, selon des documents officiels obtenus et cités par La Presse canadienne (23 juillet). Les documents mettent également en lumière le fait qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a eu du mal à collaborer avec l’organisateur de l’événement, l’IAS, afin d’éviter un refus massif de visas. Ainsi quand la conférence a démarré des dizaines de délégués-es venant d’Afrique et d’Asie n’ont pas pu venir soit parce qu’ils-elles n’avaient pas de visa, soit en l’absence de réponse à leur demande. Cela a même concerné des personnes ayant pourtant obtenu des bourses du gouvernement canadien pour participer à cet événement. Tous les pays n’ont pas été traités de la même façon. En amont de cette conférence, Ottawa a rejeté 83,5 % des demandes de visa venant du Népal, 55,8 % de celles venant du Nigeria, 53,6 % de celles venant du Pakistan et plus de 40 % de celles venant du Cameroun, de la République démocratique du Congo, de l’Éthiopie et du Ghana. Les difficultés ont été telles que les organisateurs-rices de la conférence ont critiqué le ministère des Affaires étrangères et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour leur incapacité à régler le problème. Les documents obtenus par La Presse canadienne, en vertu de la loi sur l’accès à l’information, montrent que 1 020 demandes de visa pour la conférence ont été rejetées, soit 36 % d’entre elles. Par ailleurs, une autre série de 10 % n’avait toujours pas été traitée à la fin de l’événement. Le Canada a finalement délivré 1 638 visas pour la conférence. Les documents font état du fait « qu’au moins 251 personnes, soit environ 15 % des participants-es, ont demandé l’asile après être entrées au Canada, suite à la conférence. Comme l’explique Robert Blanshay, un avocat de Toronto spécialisé dans les questions d’immigration, dans les colonnes de La Presse canadienne, les congrès et les événements sportifs sont l’une des rares occasions qui permettent à des personnes persécutées dans leurs pays de venir au Canada en toute sécurité. « Je ne suis pas du tout surpris qu’il y ait eu certains participants qui ont décidé de ne pas rentrer chez eux et qui ont plutôt demandé le statut de réfugié », a-t-il souligné. « Tant mieux pour eux. Si c’était leur seule façon de demander l’asile dans un autre pays, alors ainsi soit-il ». Du côté du gouvernement, on estime que les bugs sont imputables à l’IAS qui n’aurait pas respecté les procédures de demandes, ni respecté les délais.