IHU : l’ANSM versus Raoult

20 Juin 2022
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Coup de semonce. Les autorités sanitaires ont officialisé lundi 13 juin une série de mesures visant l’IHU (Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection) dirigé par le professeur Didier Raoult, quelques semaines après avoir dénoncé les pratiques en vigueur au sein de l’établissement marseillais en matière d’essais cliniques, indique l’AFP. « Un plan d’actions correctives et préventives doit être mis en place », a déclaré l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un courrier adressé le 7 juin à l’IHU et rendu public. Ces mesures, dont l’ANSM avait déjà largement annoncé la teneur via un communiqué, sont prises dans la foulée d’un rapport publié fin avril par l’agence. Rapport qui constituait une charge sans précédent contre l’IHU. L’agence avait aussi saisi la justice pénale. Personne n’a oublié que le professeur Raoult, encore à la tête de l’IHU pour quelques mois, a acquis une importante célébrité médiatique depuis deux ans en tenant des positions, aujourd’hui discréditées, sur la Covid-19, notamment l’efficacité supposée de traitements comme l’hydroxychloroquine. Les critiques de l’ANSM ne portent pas sur la gestion de la Covid. L’autorité accuse l’IHU de s’être affranchi pendant des années de multiples règles pour mener des recherches sur des patients-es. À de multiples reprises, des essais ont ainsi été engagés sans obtenir l’avis obligatoire d’un comité indépendant ni, parfois, le consentement de tous-tes les patients-es examinés-es. L’ANSM va donc suspendre l’un de ces essais, qui était toujours en cours et impliquait des prélèvements demandés sur eux-mêmes à des étudiants-es en médecine de différentes nationalités. Parallèlement, l’agence exige que l’IHU lui transmette un bilan intégral des recherches actuellement en cours, ainsi que de celles ayant fait l’objet de publications depuis cinq ans. Enfin, elle demande à ce que l’IHU fasse suivre une formation à ses équipes en matière de réglementation d’essais cliniques, précisant bien que ces cours devront être donnés par des personnalités indépendantes de l’institution. Les autorités ont aussi adressé une injonction à l’autorité de tutelle de l’IHU, les hôpitaux de Marseille (AP-HM), lui demandant d’être garante de la mise en œuvre d’un tel programme de formation. Enfin, les autorités sanitaires rappellent qu’elles poursuivent leur enquête sur les pratiques en cours à l’IHU. Il s’agit notamment de l’administration de traitements non reconnus contre la tuberculose.