Infox : bas les masques !

4 Août 2020
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Les masques suscitent désormais une avalanche de fausses allégations sur les réseaux sociaux dans le monde entier, où ils sont accusés d'être inutiles, d'empêcher de respirer, d'empoisonner au dioxyde de carbone, constate un article de l’AFP. Ces publications, parfois exposées dans des vidéos, souvent présentées sous forme de listes de dangers supposés, visent à dissuader - de façon explicite ou indirectement - les lecteurs-rices de porter des masques de protection. Certaines vont même jusqu’à affirmer qu'ils mettent « la vie en danger », dessin de tête de mort à l'appui. Une des infox à la mode est que les masques entraîneraient un dangereux manque d'oxygène. L'idée fausse d'une hypoxie induite par les masques est, de fait, l'une des plus répandues. Le masque ne provoque pas d'insuffisance en oxygène, ont expliqué de nombreux médecins à l'AFP. « Le masque n'est pas un circuit clos, il laisse passer l'oxygène », souligne, par exemple, le Pr Coppieters, médecin épidémiologiste et professeur de santé publique à l'Université Libre de Bruxelles (ULB).  Il peut en revanche y avoir « une sensation d'inconfort qui provoque une impression d'étouffer, mais c'est psychologique. Mais dans le cas d'une personne en bonne santé, il n'empêche pas du tout d'effectuer des activités quotidiennes normalement », ajoute-t-il. Des médecins expliquent aussi que si le porteur du masque est très anxieux ou angoissé, celui-ci peut se mettre à hyperventiler (il inspire trop) et se sentir étourdi et affaibli. Autre infox : les masques empoisonneraient au dioxyde de carbone. Pour faire simple, le masque complèterait l’absence d’oxygène présumée au fait de respirer son propre CO2. Là encore, c’est faux. « Un masque n'est pas un circuit fermé. Presque tout l'air expiré s'échappe du masque donc vous ne respirez pas votre propre CO2 », explique ainsi Shane Shapera, directeur du programme des maladies pulmonaires de l'hôpital public de Toronto (Canada). De plus, une petite accumulation de CO2 ne provoquerait pas de problèmes de santé, d'après le professeur Vinita Dubey, médecin hygiéniste à l'agence de santé publique de Toronto. On retrouve aussi régulièrement l'idée voisine selon laquelle le masque ferait « ré-inspirer » ses propres « toxines ». Qu’on se rassure, nous « n’exhalons pas de toxines », rappelle Jean-Luc Gala, chef de clinique à la clinique universitaire Saint-Luc à Bruxelles et spécialiste des maladies infectieuses. Enfin, s'il est recommandé de changer de masque toutes les quatre heures environ, ce n'est pas pour des questions de respiration mais parce qu'une fois humidifié, il perd de son pouvoir filtrant. Balayées aussi les idées farfelues que le virus se « retrouverait piégé dans le masque » qui deviendrait ainsi une « usine à virus ». Si certains reprochent aux masques de ne pas laisser respirer, d’autres reprochent le contraire : les masques seraient des passoires. C’est aussi faux. « Le masque filtre le virus, mais pas les molécules. Un virus est beaucoup plus gros qu'une molécule d'oxygène ou de dioxyde de carbone », souligne Jean-Luc Gala, de l'Université libre de Bruxelles, interrogé par l’AFP. Une étude parue en mai dans la revue scientifique de la Royal Society au Royaume-Uni, atteste de l'efficacité des masques pour réduire la projection de gouttelettes contaminées. Agences sanitaires et communauté médicale dans le monde rappellent régulièrement que le port du masque est une mesure utile pour limiter la propagation du virus, en plus des autres mesures barrière.