Interdire l’homosexualité n’a rien d’homophobe !

27 Février 2020
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Le président sénégalais Macky Sall a déclaré mercredi 12 février que l’interdiction de l’homosexualité dans son pays relevait de la « spécificité culturelle » du Sénégal et n’avait « rien à voir » avec l’homophobie. La sortie a été faite en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau en visite officielle dans le pays.  « Je suis toujours à la défense des droits de la personne et j’amène toujours ces enjeux-là partout où je vais », a expliqué lors d’un point presse commun à Dakar Justin Trudeau, connu pour son engagement en faveur des droits LGBTQI+. « Le président Macky Sall connaît très bien mes perspectives là-dessus et on en a parlé brièvement », a-t-il ajouté. Macky Sall a confirmé que la question, sensible dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, avait été abordée lors de leurs entretiens. « Seulement, les lois de notre pays obéissent à des normes qui sont le condensé de nos valeurs de culture et de civilisation », a-t-il développé. « Cela n’a rien à voir avec l’homophobie. Ceux qui ont une orientation sexuelle de leur choix ne font pas l’objet d’exclusion », a-t-il prétendu. Apostrophé par une journaliste qui lui demandait en quoi des lois interdisant l’homosexualité, comme certaines qui existent au Sénégal, ne relevaient pas de l’homophobie, Macky Sall s’est gardé de s’expliquer. « On ne peut pas non plus demander au Sénégal de dire : « Demain, on légalise l’homosexualité, et, demain, c’est la gay parade, etc. (…) Ça, ce n’est pas possible parce que notre société ne l’accepte pas. La société, elle va évoluer, ça prendra le temps que ça prendra », a dit le président sénégalais. A priori, il ne faudra pas compter sur lui pour accélérer le mouvement. « On ne peut pas avoir de vision globale du monde où tous les pays pensent la même chose et font la même chose », a-t-il ajouté. On pourrait se dire que si… par exemple en matière de droits humains et de respect des droits des minorités. La loi sénégalaise punit de peines d’un à cinq ans d’emprisonnement les actes homosexuels. Le Code pénal parle « d’acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ». Mais, c’est vrai qu’un tel article de loi n’a rien à voir avec l’homosexualité.