Israël contre les thérapies de conversion

10 Août 2020
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Le Parlement israélien a adopté (22 juillet), en lecture préliminaire, un projet de loi interdisant les « thérapies de conversion », indique l’AFP. Ces prétendues « thérapies » visent à changer l'orientation sexuelle des personnes LGBT+. Elles sont largement considérées comme violant les droits humains et sont d’ailleurs interdites dans certains pays (Allemagne, Albanie, Malte, Espagne, Suisse, une quinzaine d’États américains, etc.). Les députés-es ont voté le projet de loi (42 voix pour, 36 contre) du député Nitsan Horowicz du parti de gauche Meretz, qui pénalise l'usage des thérapies de conversion. « C'est un moment historique » s'est-il félicité, lui-même ouvertement homosexuel. Intitulé « Loi des psychologues », le texte qui stipule notamment qu'un « psychologue pourra se voir retirer sa licence pour une période d'au moins cinq ans », s'il pratique des thérapies de conversion, doit encore être soumis à trois lectures supplémentaires à la Knesset (Parlement) avant d'être adopté, précise l’AFP. Aucune étude scientifique connue ne permet de conclure que l'orientation sexuelle puisse être modifiée. En revanche, il a été scientifiquement prouvé que de telles « thérapies » pouvaient amener à la dépression, aux troubles anxieux, à la perte de sensations sexuelles et à un risque accru de suicide. Les « thérapies de conversion », sont « dégradantes et discriminatoires », a estimé récemment Victor Madrigal-Borloz, un expert indépendant de l'Onu, en réclamant leur interdiction mondiale. « Lorsqu'elles sont menées par la force, elles représentent également une violation de l'interdiction de la torture et des mauvais traitements », a ajouté l'expert, qui a recueilli ces derniers mois des données et témoignages dans une centaine de pays.