Jerry, migrant gay, sous la menace d’une expulsion

11 Octobre 2019
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Jerry, migrant homosexuel d’origine nigériane, a été arrêté jeudi 3 octobre au matin alors qu’il venait chercher à la poste la notification de décision du tribunal administratif de Pau du 24 septembre pour pouvoir faire appel avec son avocate de l’obligation à quitter le territoire français (OQTF) qui lui avait été signifiée. Dans un communiqué (3 octobre), des associations, dont Les Bascos, qui le soutiennent, indiquent que le jeune homme est « menacé d’une expulsion immédiate » puisqu’il va « être au centre de rétention d’Hendaye. Il devrait être présenté devant le juge des libertés et de la détention à Bayonne dans les 48 heures ». Les associations ont lancé une mobilisation urgente et appellent à signer une pétition de soutien qui explique qu’il s’agit d’une « situation dramatique pour ce jeune homme qui a fui son pays suite à de terribles violences subies en raison de son orientation affective. Au Nigéria, l’homosexualité est non seulement pénalement répréhensible mais intimidations, harcèlement, lynchages sont hélas fréquents ; Amnesty international France évoquant même une situation de « chasse aux sorcières au Nigéria » à l’encontre des homosexuels ». « Il est urgent d’éviter un retour de Jerry à cette barbarie ! C’est pourquoi devant la gravité de la situation nous faisons appel aux valeurs humanistes qui nous rassemblent et nous vous demandons monsieur le Préfet d’annuler l’obligation pour Jerry de quitter le territoire et d’accepter de bien vouloir réexaminer son droit au séjour à titre humanitaire », indique la pétition qui a été signée par plus de 10 000 personnes. Les soutiens du jeune homme devaient organiser un rassemblement devant le tribunal de Bayonne. Le 25 septembre dernier, le tribunal administratif de Pau avait rejeté le recours de Jerry. Son avocate, maître Laurence Hardouin, avait annoncé qu'elle faisait appel, indique alors France 3 régions. Dans un communiqué cité par la chaine télé, le tribunal a justifié sa décision par le fait que Jerry n'a pas prouvé la preuve du fait qu'il avait été « molesté dans son pays d'origine », et qu'il a indiqué que sa mère n'était plus obligée de pointer au commissariat de police chaque semaine en raison de recherches lancées contre son fils. « Quand Monsieur H. déclare, sans justificatif qu'il a été agressé dans son pays, sa parole ne vaut pas, mais quand il dit, sans justificatif, que les recherches dans son pays ne sont plus d'actualité, sa parole est valable. Comment le juge arrive-t-il à faire la distinction ? », s’est interrogée maître Laurence Hardouin, son avocate. Deux associations LGBTQI+ : Les Bascos et Arcolan s’étaient alors engagées dans le soutien au jeune homme, notamment en lançant une pétition à destination du préfet des Pyrénées-Atlantiques. « C'est une situation dramatique pour ce jeune homme qui a fui son pays suite à de terribles violences subies en raison de son orientation affective », affirmaient les deux associations