La Banque mondiale veut taxer des aliments

19 Février 2020
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Dans un rapport, publié le 6 février, la Banque mondiale appelle les pays à revenus faibles et en développement, les plus concernés par le surpoids et l'obésité, à taxer les aliments mauvais pour la santé, car trop gras, trop sucrés ou trop salés. Ce rapport « met en lumière l'importance d'une politique fiscale forte, par exemple une taxation des produits alimentaires mauvais pour la santé », souligne l'institution de Washington dans un communiqué. L'obésité n'est plus seulement un problème des pays riches. Elle a triplé depuis 1975 à l'échelle de la planète, et les coûts qui y sont liés explosent pour les pays concernés. Aujourd’hui, les trois quarts des adultes, et 80 % des enfants touchés, vivent dans des pays à revenu faible ou moyen, particulièrement an Amérique latine. Nombre de pays font face en même temps à sous-alimentation et obésité. Augmentation des handicaps, coûts liés au système de santé, mais aussi productivité en baisse, absentéisme au travail, mises à la retraite précoces, les coûts ne cessent de grimper, alerte la Banque mondiale, citée par l’AFP. L'institution insiste, dans ce rapport, sur le rôle majeur des gouvernements, les exhortant à mettre en place des systèmes de santé efficaces ; ce qui n’est pas souvent possible du fait d’un manque de financements. La Banque mondiale enjoint ses pays à développer des mesures de prévention et d'éducation (obligation d'étiqueter les aliments transformés, de réduire sel et boissons sucrées, d'investir dans des programmes de nutrition pour la petite enfance). Le surpoids compte parmi les trois principales causes de décès dans le monde avec quatre millions de morts chaque année. Dans les quinze prochaines années, les coûts liés au surpoids devraient atteindre 7 000 milliards de dollars dans les pays en développement, selon une projection citée par l'institution. En Chine, le coût des soins de santé liés à l'obésité sont ainsi passés de 0,5 % des dépenses de santé annuelles du pays en 2000, à plus de 3 % en 2009.  Au Brésil, ces coûts devraient doubler, passant de six milliards de dollars en 2010 à plus de dix milliards en 2050.