La cigarette électronique aiderait à arrêter de fumer

15 Juillet 2019
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Faute d’études sur le long terme, on ignore encore les conséquences pour la santé de la cigarette électronique (apparue en 2010). Quoi qu’il en soit, elle est de plus en plus utilisée comme un outil de sevrage pour arrêter de fumer du tabac, selon l'agence sanitaire Santé publique France, qui vient de publier les résultats d’une étude à ce propos. L’agence indique qu’en 2017 : 700 000 personnes déclarent avoir arrêté le tabac grâce à la vapoteuse. « Parmi les outils d'aide au sevrage tabagique, la cigarette électronique est le plus utilisée par les fumeurs pour arrêter de fumer », relève François Bourdillon, directeur général de l'agence sanitaire, dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré à la journée mondiale sans tabac (en mai dernier). « Cette utilisation s'inscrit depuis quelques années dans une stratégie de réduction des risques », ajoute François Bourdillon. L'agence sanitaire se fonde sur les chiffres de son Baromètre santé, enquête qu'elle réalise régulièrement par téléphone. Ces données « soulignent pour la première fois l'accroissement de l'usage de l'e-cigarette », selon François Bourdillon. Ainsi, en 2018, 3,8 % des personnes adultes âgées de 18 à 75 ans disent utiliser quotidiennement la cigarette électronique. Une augmentation notable par rapport à 2017, où cette proportion n'était que de 2,7 %. Parallèlement, la proportion des personnes fumeuses de tabac quotidiennement a baissé, de 26,9 % des adultes en 2017 à 25,4 % en 2018. « Comme observé depuis son arrivée sur le marché au début des années 2010, l'e-cigarette attire principalement les fumeurs ». Parmi les adultes qui fument du tabac tous les jours, huit sur dix ont déjà essayé la cigarette électronique. À l'inverse, seuls 6 % de ceux qui n'ont jamais fumé de tabac ont déjà essayé de vapoter, et il est rarissime qu'un vapoteur n'ait jamais fumé auparavant. Enfin, plus de 40 % des vapoteurs quotidiens fument également du tabac tous les jours (et 10 % occasionnellement). Près de la moitié d'entre eux (48,8 %) sont d'anciens fumeurs. En 2018, près de 35 % des 18-75 ans avaient déjà essayé l'e-cigarette, contre 33 % l'année précédente. Plus de 5 % l'utilisaient lors de l'enquête, contre moins de 4 % en 2017. Les cigarettes électroniques, dont l'utilisation bondit à travers le monde, fonctionnent avec un liquide qui peut contenir de la nicotine. Comme il n'y a pas de combustion de tabac, l'utilisateur n'est pas exposé-e aux substances toxiques de la cigarette, dont les goudrons. C'est pourquoi les tabacologues considèrent que leur usage est nettement préférable au tabac. Cependant, les conséquences de la cigarette électronique sur la santé sont encore largement méconnues, en raison du peu de recul depuis son apparition sur le marché. Le lien entre cigarette électronique et tabac fait, en outre, l'objet de nombreux travaux, parfois contradictoires. Plusieurs études parues ces dernières années concluent que les cigarettes électroniques délivrant de la nicotine ne poussent pas à commencer à fumer, comme certains le craignaient. Quelques recherches, en particulier aux États-Unis, arrivent toutefois à la conclusion inverse. Interrogée par le journal 20 minutes (26 juin) sur les effets de la cigarette électronique sur la santé, Guillemette Quatremère, responsable de l’étude explique au quotidien : « Des études sortent presque tous les jours. Pour le moment, la très grande majorité des scientifiques et médecins s’accordent à dire que la cigarette électronique est nettement moins nocive que le tabac. Les effets à court terme sont bénins. Le produit utilisé ne contient pas les 4 000 substances toxiques qu’on trouve dans une cigarette (…) Nous devons tout de même attendre des études incontestables et laisser le temps à la recherche. Il faut notamment rappeler que la nicotine, présente dans le produit pour vapoteuse, a un très fort pouvoir d’addiction ». Point très intéressant de l’étude : elle montre que « la moitié de la population pense que la cigarette électronique est au moins aussi nocive, voire plus nocive que le tabac ». Comment expliquer une telle défiance ? « Nous avons plusieurs hypothèses », explique Guillemette Quatremère à 20 minutes. « D’abord, il y a souvent une confusion entre les effets néfastes du goudron, du monoxyde de carbone ou d’autres produits avec la nicotine. Les gens ont tendance à penser que deux produits contenant de la nicotine auront les mêmes effets. C’est aussi le reflet de la méconnaissance que nous avons des conséquences à long terme de la vapote. Les gens « connaissent » les dangers du tabac. Or, les doutes que nous avons sur le produit des e-cigarettes entraînent une méfiance, et même une défiance ».