La Croi montre l’importance du 90-90-90

10 Mars 2017
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A la Croi 2017 (Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes qui s’est déroulée à Seattle en février dernier), plusieurs annonces importantes "ont montré l’importance des objectifs 90-90-90. Elles ont également permis de mieux comprendre les moyens de les atteindre. La stratégie de l’Onusida vise, d’ici à 2020, à ce que 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur état sérologique vis-à-vis du VIH, 90 % de ces personnes sont sous traitement antirétroviral et 90 % des personnes sous traitement présentent une charge virale indétectable. Pas de surprise, ni de scoop, on sait que l’un des moyens d’atteindre le premier des objectifs 90-90-90, à savoir 90 % des personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut sérologique pour le VIH, est d’intensifier le dépistage. A la Croi, ont été présentés les résultats du projet Star, un programme sur quatre ans destiné à accroître le dépistage du VIH. Ce programme a permis à ce jour la distribution d’environ 200 000 kits d’auto-dépistage au Malawi, en Zambie et au Zimbabwe, avec des résultats prometteurs. "Le projet a permis de constater que l’auto-dépistage était un bon moyen d’atteindre des personnes qui restaient hors de portée auparavant", explique l’Onusida dans un communiqué. Plusieurs études se poursuivent sur les différentes façons de distribuer les kits. Avec près de 19 millions de personnes dans le monde vivant avec le VIH qui ne savent pas qu’elles sont porteuses du virus, l’auto-dépistage du VIH pourrait constituer une étape importante vers l’accès au traitement anti-VIH pour toutes et ceux qui en ont besoin. Autre avancée mise en avant par l’Onusida : l’arrivée prochaine de plusieurs nouveaux médicaments prometteurs qui pourrait contribuer au deuxième objectif, c’est-à-dire 90 % des personnes connaissant leur statut qui ont accès au traitement. "Une série de nouveaux médicaments unidoses efficaces, avec de nouvelles catégories de médicaments, de nouveaux traitements dans les classes de traitements anti-VIH existantes et des préparations à effet longue durée (médicaments à libération prolongée) (….) permettra d’accroître la concurrence et donc d’améliorer l’accès. La disponibilité de nouveaux médicaments sera également une bonne nouvelle en cas de développement futur d’une résistance aux médicaments actuels", note l’Onusida. Concernant le troisième objectif 90, la suppression de la charge virale a été illustrée par une étude effectuée à Rakai, en Ouganda. "Des études menées sur plus de 33 000 personnes entre 1999 et 2016 ont montré qu’une augmentation du traitement antirétroviral, et donc une charge virale indétectable, la généralisation de la circoncision masculine médicale volontaire et un début d’activité sexuelle plus tardif avaient contribué à une baisse de 42 % de l’incidence du VIH", rappelle le communiqué de l’Onusida. Par ailleurs, maintenir les personnes sous traitement est également fondamental pour la suppression de la charge virale. Sur ce point, les études Sword-1 et Sword-2 montrent qu’une bithérapie est aussi efficace que l’approche actuelle par trithérapie. En réduisant la quantité de médicaments que les personnes vivant avec le VIH doivent prendre, les effets secondaires sont limités et l’observance s’améliore, argue l’institution onusienne.