La fin du sida dans 8 ans ?

2 Décembre 2022
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À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida 2022, le collectif Vers des Alpes sans sida (géré par le Corevih Arc alpin) a publié un communiqué qui fait le point sur le VIH dans ce territoire et formule une double demande : maintenir les moyens humains et financiers dans la lutte contre le sida ; accroitre la visibilité pour cette pandémie qui n’est pas terminée. « Sur l’Arc alpin (Isère, Savoie, Haute-Savoie), nous constatons une diminution de 47 % des nouvelles contaminations entre 2018 et 2021. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : une baisse des dépistages pendant la phase aiguë de la pandémie de Covid-19, la fermeture des frontières, mais aussi et surtout les actions coordonnées menées sur le territoire de l’Arc alpin par les structures engagées dans « Vers des Alpes sans sida en 2030 », affirme le Corevih. Qu’est-ce qui peut expliquer les bons résultats épidémiologiques sur ce territoire ? « Pour partie, l’avancée des outils biomédicaux, mais surtout l’engagement de structures et de personnes dans un objectif commun, qui a été pensé ensemble, et dont les actions concrètes sont aussi menées ensemble. Le fait que les objectifs et stratégies soient décidés par les personnes de terrain et non imposés est décisif », constate Olivier Épaulard, président du Corevih Arc alpin et professeur d’infectiologie au CHU Grenoble Alpes. « Cependant, trop de personnes arrivent dans le soin en stade sida, ce qui nous montre que nous devons encore faire mieux pour dépister les personnes plus tôt », précise Sylvie Vanderschilt, vice-présidente du Corevih Arc alpin et coordinatrice à Sida Info Service. « Les efforts locaux ont aussi besoin d’un appui national plus marqué », ajoute Sylvie Vanderschilt. « Or, nous regrettons l’invisibilisation de la lutte contre le sida au niveau national : nous n’avons pas eu de campagne de communication pour inciter au dépistage du VIH après la crise Covid, ni de campagne grand public pour banaliser la Prep, qui a un usage encore trop restreint, alors que c’est un outil révolutionnaire pour stopper les nouvelles contaminations ». Et Vers des Alpes sans sida de conclure : « Nous sommes aujourd’hui à un tournant et nous sommes très vigilants à ce que la démocratie en santé reste un pilier de la lutte contre le sida dans les années à venir ».