La Hongrie quitte l'Eurovision, jugée « trop gay »

12 Décembre 2019
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L’homophobie se porte toujours aussi bien dans les hautes instances hongroises. Selon les informations du quotidien britannique The Guardian, l'exécutif hongrois a décidé de se retirer du concours de l’Eurovision, sans « donner de raison officielle ». Mais en fait c’est parce que le concours de chansons serait jugé trop influencé par la communauté LGBT. Une source proche de la télévision publique hongroise, MTVA, aurait évoqué l'hostilité du régime hongrois à l'égard des liens entre le concours et la communauté LGBT +. Un commentateur en faveur du gouvernement de Viktor Orban, Andras Bencsik, a comparé l'Eurovision à une « flottille homosexuelle » et déclaré que le pays se porterait mieux, mentalement, s'il ne rejoignait pas la compétition. « Beaucoup de jeunes pensent que cette émission est tout public, mais durant le spectacle, on assiste à une destruction du goût du public à coups de travestis hurlant et de femmes à barbe », a-t-il déclaré, cité par le quotidien britannique. Comme le rappelle Le Point, Les médias, dont beaucoup sont contrôlés par des personnalités proches du Premier ministre hongrois, ont même été encouragés à ne pas offrir trop de couverture positive aux questions liées aux droits des personnes LGBT +. MTVA a fait savoir au Guardian dans un communiqué qu'« au lieu de prendre part à l'Eurovision en 2020, le groupe audiovisuel soutiendra directement les talents de la pop musique hongroise ».

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À la manière du Caravage

Une collection en hommage au cardinal Federico Borromeo<br />

Une collection en hommage au cardinal Federico Borromeo

© Marco_Marchetta -

PAR GILLES DENIS - Publié le 13/12/2019 à 11:18 | Le Point.fr

Dolce & Gabbana a dévoilé à Milan sa couture masculine : un hommage aux grands maîtres et à la figure du cardinal Federico Borromeo.

C'est l'une des plus célèbres natures mortes de l'histoire de l'art : quelques poires, des figues, des pommes et des grappes de raisin encore gorgées du soleil d'automne. Quelques fruits posés dans un modeste panier d'osier, sur une simple desserte, sans autre ornement que la nature. Un chef-d'œuvre du Caravage et l'un des trésors de la bibliothèque ambrosienne, un des secrets les mieux gardés de Milan. Fondée au début du XVIIe siècle par le cardinal Federico Borromeo, elle abrite des ouvrages rares et, dans sa pinacothèque, des œuvres de Leonardo et des grands maîtres italiens. Le 7 décembre, elle a aussi été le décor de l'Alta Sartoria de Dolce & Gabbana. « Ce lieu – qui accueille pour la première fois un défilé de mode –, ses chefs-d'œuvre, mais également la personnalité généreuse du cardinal Borromeo décidant dès l'origine de partager ces richesses culturelles avec le public, nous ont inspirés pour cette édition. Et nous nous retrouvons dans l'ambition du cardinal », indiquaient Stefano Gabbana et Domenico Dolce avant le show.

Le gentilhomme et le cardinal

Un manteau inspiré d'un tableau du Caravage

© DRDans cet exercice de célébration des savoir-faire que constitue leur couture masculine, ces références ne pouvaient que conduire à une collection riche de 115 passages, jouant des clins d'œil et des pas de côté à l'esprit et à la culture de ces lieux. Ici, la coupe de fruits du Caravage inspire force broderies ; là, un musée imaginaire où l'on croise Botticelli et Vinci s'inscrit sur des vestes, alors que la figure du gentilhomme permet des variations autour des chemises – comme échappées des portraits accrochés aux murs de la pinacothèque – et des immenses manteaux ne rechignant pas sur la fourrure – y compris dans des brocarts de vison rasé et d'astrakan. Il y a de la générosité dans les volumes et de la méticulosité dans les détails – comme la passementerie des doublures de manteaux ; du sourire dans l'évocation de la pourpre cardinale et de la maestria technique dans la manière dont les dessins horlogers de Leonardo donnent naissance à une montre unique, la marque ayant développé une vraie expertise en la matière.

Une montre reprenant les dessins horlogers de Leonardo 

© Marco_Marchetta La parure fait mâle

La somptuosité de la collection reflète aussi un temps où la parure n'était pas l'apanage de la femme : avant le XIXe siècle et son ordre bourgeois, c'est l'homme qui éblouissait par ses atours, signes de sa puissance économique et politique. Domenico Dolce et Stefano Gabbana le savent et s'en amusent avec d'autant plus d'absence de préjugé que leur mode féminine ne pèche plus par son austérité : le 6 décembre, c'est au cœur même de la Scala de Milan – dont la Maison est mécène – que défilait la proposition de couture des deux créateurs, Alta Moda, en hommage aux héroïnes des grandes heures de l'opéra verdien. Loin, très loin de tout minimalisme, l'expression d'un luxe revendiquant sa part de rêve. Une échappée finalement très romanesque et nourrie de cette culture dont les créateurs se font volontiers les hérauts : « La mémoire des choses nourrit notre travail, les collections, leurs détails sont le reflet de qui nous sommes. » Mieux qu'un manifeste, une profession de foi.