La justice suspend la vente du Baclocur

2 Juillet 2020
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La justice a suspendu la vente du Baclocur, deux jours seulement après le début de sa commercialisation en tant que seul médicament à base de baclofène autorisé pour traiter de la dépendance à l’alcool. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a ainsi donné raison à une association de patients, Baclohelp, qui juge trop faible la dose limite imposée pour prescrire ce médicament, explique l’AFP. En attendant une décision sur le fond, ce jugement en urgence (référé) aboutit à un retour à la situation antérieure : d'autres médicaments à base de baclofène peuvent à nouveau être prescrits aux personnes dépendantes à l’alcool, sans obligation légale de dose limite, a expliqué le tribunal dans un communiqué.  Le tribunal a justifié sa décision par le « risque de rupture de traitement » que la limitation des doses autorisées avec le Baclocur faisait courir aux personnes qui prenaient auparavant des quantités plus importantes de baclofène.  « Un sursis à arrêt des soins leur est accordé », a réagi de son côté Baclohelp.  Cette suspension est une nouvelle étape dans la longue controverse entre les partisans du baclofène et les autorités sanitaires, qui mettent en garde contre ses risques. Ce produit est utilisé depuis les années 1970 comme relaxant musculaire, mais son usage a, peu à peu, évolué vers le traitement de l'alcoolisme. Depuis 2014, le baclofène était autorisé dans le traitement de l'alcoolisme grâce à une recommandation temporaire d'utilisation (RTU).  Puis en octobre 2018, l'agence du médicament (ANSM) avait accordé au Baclocur (laboratoire Etypharm) une autorisation de mise sur le marché (AMM) faisant de lui le seul médicament à base de baclofène autorisé dans la prise en charge de la dépendance à l’alcool.  Cette décision était entrée en vigueur lundi 15 juin avec le début de la commercialisation du Baclocur.  Mais l'ANSM avait posé des conditions : une dose maximale de 80 mg/jour et une prescription uniquement après échec des autres traitements.  Ces restrictions ont conduit l’association Baclohelp à déposer un recours en justice, après plusieurs autres démarches similaires, notamment devant le Conseil d'État.  Dans sa décision, le tribunal administratif pointe également les « insuffisances du dossier présenté par le laboratoire », qui font « naître un doute sérieux quant à la légalité » de l’AMM dont le produit a bénéficié, indique l’AFP. L’ANSM a  annoncé (18 juin) qu’elle allait saisir le Conseil d’État d’un pourvoi en cassation contre la décision de suspension en référé des autorisations de mise sur le marché des spécialités Baclocur.