La ministre de la Santé confirme le tiers payant généralisé

20 Juillet 2017
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Cela va bien finir par être clair… la position de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sur la généralisation du tiers payant, décidée sous le précédent gouvernement. Il y a moins d'une semaine, Agnès Buzyn expliquait vouloir "éviter l'obligation" de généralisation de la dispense d'avance de frais chez le médecin. Elle avait indiqué avoir confié une mission à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur "la faisabilité technique" du dispositif expliquant que son objectif était "d'éviter l'obligation de tiers payant généralisé". Elle lançait même : "J'ai horreur des obligations". Bon finalement, changement d’avis, la ministre de la Santé a assuré (11 juillet) que le tiers payant "sera généralisé". Il est manifestement revenu à l’esprit d'Agnès Buzyn que le tiers payant n’est pas fait pour contraindre les médecins mais pour faciliter l’accès aux soins… qui reste très problématique en France. D’ailleurs, elle a expliqué : "Il sera généralisé, c'est vraiment une question d'équité et d'accès aux soins puisque beaucoup de Français renoncent à aller se faire soigner parce qu'ils ne veulent pas avancer l'argent chez un médecin, c'est donc impératif d'aller vers un tiers payant généralisé", a-t-elle expliqué. Il faut dire que les chiffres ne lui donnent pas tort puisque l’on sait que près de quatre Français sur dix renoncent encore à se soigner pour des raisons économiques et que ce chiffre est stable depuis 2014. Le tiers payant généralisé doit concerner tous les Français à partir du 1er décembre 2017. Rappelons que la loi de 2016 ne prévoit pas de sanctions pour les médecins refusant d'appliquer la mesure, que le Conseil constitutionnel a limitée à la seule part remboursée par la Sécurité sociale. "Aujourd'hui nous regardons la mise en œuvre de ce tiers payant qui pose des problèmes techniques et nous souhaitons que des médecins trouvent une facilité dans ce tiers payant, pas une difficulté supplémentaire, nous avons besoin de leur donner du temps médical, plutôt que du temps administratif", a ajouté la ministre sur "France Inter". "Oui, nous allons y aller, la question est de savoir avec quelle méthode pour que cela fonctionne pour tout le monde", a-t-elle précisé. Cela n’a pas loupé, dans un communiqué, la CSMF, premier syndicat de médecins, très opposé à la mesure, se dit "inquiète des hésitations de la ministre" et se demande "finalement quelle politique va être suivie".