La musique comme thérapie

21 Novembre 2017
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Elle apaiserait les angoisses. Elle favoriserait la concentration et stimulerait la mémoire. Elle pourrait même faciliter l’apprentissage du langage… quand on est enfant. Bien évidemment, on répète en boucles depuis des lustres que la musique adoucit les mœurs. Dans la pratique, ça mérite discussion. Reste que dans certains hôpitaux, notamment ceux qui accueillent des enfants, il est possible d’entendre de la musique classique avant le passage au bloc opératoire. L’anesthésie ne s’en déroule que mieux. Les scientifiques ont prouvé depuis longtemps que les sons avaient une influence sur la matière et qu’une musique adaptée aux rythmes de notre organisme (battements de cœur, respiration, débit sanguin, pulsations du système nerveux, etc.) pouvait avoir un rôle bénéfique. Mais la musique n’aurait pas que des vertus sur la physiologie, elle jouerait également un rôle important sur le psychisme, au point de constituer, en elle-même, une thérapie. La musique comme thérapie, nombre d’auteurs et de chercheurs s’y sont attaqués (tout spécialement Oliver Sacks, Hervé Platel ou Emmanuel Bigand). Ils ont remarqué son influence sur l’expression des sentiments, sa capacité à ravirer les souvenirs, bons comme mauvais. Mai surtout que la musique préparerait l'avènement de la fonction linguistique chez l'humain. Et pour vous, qu’en est-il ? La musique joue-t-elle ce rôle de thérapie ? Vous permet-elle d’aller mieux ? C’est autour de ces questions et de celles que la musique vous évoque qu’on vous propose d’échanger sur le chat thématique mardi 21 novembre à partir de 21 heures, en compagnie de Diane-Seronet. En attendant, on vous soumet cette phrase de Victor Hugo : "La musique exprime ce qui ne peut pas s’exprimer avec des mots et sur quoi il est impossible de se taire".

Commentaires

Portrait de ballif

la particularité de la langue française est d'avoir un spectre sonnore peut large   alors l'orreil n' a pas appris à les entendre

l'Education (soit disant)  commence à comprendre que cela s'apprend dès la crèche   quand l'enfant commence à parler

Portrait de Diane-seronet

Mardi 21 novembre, les séronautes étaient rassemblé-e-s pour un chat thématique autour de la musique… comme thérapie. Comment les mélodies et notes peuvent contribuer à la santé au sens large et surtout au bien-être ?

Omniprésente, apaisante et réconfortante

Lorsqu’on interroge les séronautes sur la place et le rôle de la musique dans leur vie, on constate que pour la plupart d’entre elles et eux, il y a un lien fort et globalement positif. D’ailleurs, plusieurs ont l’habitude de poster sur le chat général de Seronet des liens vers de vidéos Youtube de musique pour dire bonjour le matin ou avant de partir le soir. Une première participante au chat décrit ainsi « chez moi, elle est toujours présente, elle apaise mes angoisses, me permet de penser à rien... J’en ai besoin pour démarrer la journée, elle me stimule, me grandit, me fournit la force dont j’ai besoin et m’apporte du bien être, elle me donne une certaine confiance en moi » Un autre la rejoint et explique les vertus des mélodies à ses yeux (ou plutôt à ses oreilles !): « j’écoute souvent de la musique, en tant que thérapie elle peut avoir des effets bénéfiques. Par exemple si je me concentre sur la musique que j’écoute alors je m’évade, et ça me permet de me changer les idées. Ça me détend, me relaxe, je pense à autre chose… La musique a été parfois et est encore une aide dans les moments de doute ou difficiles ».

Un troisième séronaute renchérit : « pour moi, la musique ça a toujours été très agréable et c’est presque tout le temps. […]C’est que du plaisir la musique comme le goût pour la bonne cuisine ». Même point de vue chez un autre participant : « la musique est assez présente dans ma vie, [c’est] un moyen d’oublier un tant soit peu son quotidien. […]Parfois tu es déprimé, et quand tu écoutes tu retrouves le sourire. Ça m’apporte le réconfort. » On se sert donc de musique pour se remonter le moral, pour s’évader, et elle nous accompagne dans les moments compliqués.

Une séronaute le dit d’ailleurs, la musique fait une bonne amie : « parfois, je crois même que je la considère comme une personne à part entière. Elle a toujours été là, à côté de moi, dans les moments difficiles et les bons moments aussi. La musique est un refuge, c’est comme si elle savait exprimer nos sentiments, interpréter nos pensées… ».

Plusieurs participant-e-s remarquent aussi la connexion émotionnelle très forte qui peut parfois lier certaines chansons aux souvenirs. On entend une note et on se rappelle des moments où on les a écoutées, ou des personnes avec qui on les a fredonnées… « Je ne peux plus écouter certains morceaux, certaines chansons, sans me mettre à pleurer » explique ainsi une séronaute. Un autre estime que « le seul point négatif que je trouve c’est que ça te ramène un peu dans le passé quand tu écoutes des musiques de ton enfance et ce genre de chose… ». Mais le passé n’est pas forcément une source de mélancolie comme l’ajoute un participant : « On peut trouver du plaisir en réécoutant le sirop typhon de Richard Antony qui passait tous les matins avant l’école ». Comme une Madeleine de Proust musicale…

Le bon son

Mais alors qu’écoutent ils et elles, nos séronautes ? Si l’une des participantes admet un penchant pour « les voix assez dark» et qu’un autre dit préférer « beaucoup d’instrumental », la tendance que l’on retrouve chez tou-te-s ou presque, c’est le fait d’adapter la musique à son humeur du moment. « Moi ça va du slow au classique et au jazz ou à la pop et autres variétés, sans être forcément un fin connaisseur… mais mes goûts sont variés et ce que j’écoute dépend de mon état d’esprit. Par exemple la musique classique en léger bruit de fond le soir peut m’aider à m’endormir ou toute autre musique douce… Et pour mettre l’ambiance sur le chat c’est du zouk. Parfois j’ai besoin de douceur et d’autres fois que ça décoiffe… alors là certains rock font du bien aussi » détaille un séronaute. Une autre assure « le blues, c’est pour quand on a le blues… Le soir j’écoute souvent du blues… ». Pour un autre participant, qui en écoute « après le travail ou en soirée », on variera entre « le blues ou le fado, on peut trouver ça triste… Pour la gaité du sirtaki ou de la country ». « Moi j’écoute pratiquement de tout, en tout cas, si j’aime les paroles, le rythme, ça me va !Ça dépend de l’état d’esprit : j’écoute du R’n’B ou encore des musiques locales de mon pays… ».

Dans le détail, parmi les artistes cité-e-s pendant le chat, on retrouve Nirvana, Nana Mouskouri, Coldplay, les Red Hot Chili Peppers, Maroon Five, Kyo, Calogero, Harry Connick Junior, Chris Rea, Katie Melua, Mylène Farmer, Epitaph, ou encore Nick Cave…

La playlist du thématique :

Taxi Kreol – Come Zis Afternoon

The Rasmus – In The Shadows /

Cesaria Evora – Sodade /

Magic System – Magic In The Air /

Avital, Avital – Maroc /

Mozart – Lacrimosa /

Sophie Zelmani – Wainting For The Miracle To Come /

Nym – Et Moi /

Beth Hart - Caught Out In The Rain /

Ridan – Ulysse /

Nina Simone – Ain’t Got No, I Got Life /

The White Buffalo - Oh Darling, what have I done /

Benabar - La Berceuse /

Freedom - Django Unchained /

The Blue Stones- Rolling with the Punches /

Gary B.B. Coleman - The Sky is Crying /

The Blues Mystery - Back To The Dirty Town /

Hughes Taylor - Shook My World /

En conclusion, un des séronaute a proposé ce joli mot de la fin : « le conseil que je peux donner ; c’est quand on est triste, quand on a le moral bas, ECOUTONS DE LA MUSIQUE QUI NOUS FAIT PLAISIR ».