La Prep en hausse… lente !

31 Janvier 2022
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Il y a désormais plus de dix ans qu’étaient publiées les premières preuves de l’efficacité de la prophylaxie pré-exposition (Prep) à prise orale quotidienne. La Prep est depuis une option supplémentaire à prendre en compte pour les personnes les plus exposées au risque de contracter le VIH, comme le rappelle l’Onusida (17 janvier). L’utilisation de cet outil n’a cessé d’augmenter au niveau mondial, y compris durant la pandémie de Covid-19. Les données nationales de plusieurs pays montrent qu’environ 845 000 personnes vivant dans 54 pays ont reçu la Prep en 2020, soit une augmentation de 43 % depuis 2019 et de 182 % depuis 2018. Mais lorsqu’on regarde les chiffres, on voit que cette avancée internationale de la Prep est tirée par un nombre limité de pays et régions (Etats-Unis, Europe…), et, en Afrique orientale et australe, le Kenya et l’Afrique du Sud où vivaient 158 630 personnes ayant reçu la Prep au moins une fois en 2020 dans la région, soit 19 %. Cette augmentation reste donc très concentrée. Cela démontre aussi que la disponibilité de la Prep reste entravée pour différentes raisons (défiance vis-à-vis de l’outil, accès imité au traitement, etc.). Si on regarde plus globalement, on note que le nombre total de personnes utilisant cette option de prévention en 2020 ne représentait que 28 % de l’objectif de trois millions d’utilisateurs et utilisatrices dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ce qui ne correspond qu’à 8 % du nouvel objectif mondial pour 2025. Autant dire qu’on est loin du compte pour pouvoir compter sur le plein impact de cet outil de prévention, pourtant hautement efficace.