La Prep s'accompagne d'un recul du préservatif

30 Juin 2018
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La Prep (prophylaxie pré-exposition) a été mise en place en Australie dès 2014, d'abord de façon limitée, puis à une plus grande échelle. Une étude, récemment publiée dans la revue scientifique, "The Lancet HIV" indique que cette montée en puissance de la Prep s'accompagne d'une baisse de l'utilisation du préservatif. Interrogé par le "Quotidien du Médecin" (7 juin), le professeur Jean-Michel Molina (service des maladies infectieuses, Hôpital Saint-Louis, AP-HP Paris) estime qu'il s'agit d'une "constatation logique". L'étude australienne a inclus 16 827 hommes de 16 ans et plus ayant indiqué avoir eu des rapports sexuels avec des partenaires masculins occasionnels au cours des six derniers mois. Ils ont été suivis via des questionnaires entre 2013 et 2017. D'un côté, le nombre d'hommes séronégatifs ayant recours à la Prep augmente, note le "Quotidien du Médecin" : ils étaient 24 % en 2017 contre 2 % en 2013. De l'autre, l'utilisation du préservatif est en recul chez les hommes (46 % en 2013 et 31 % en 2017), essentiellement chez ceux utilisant la Prep, qui ont donc remplacé un outil de prévention, par un autre. Le journal médical indique que la "proportion d'hommes séronégatifs déclarant des rapports sans préservatif avec des partenaires occasionnels et ayant recours à la Prep était de 1 % entre 2013 et 2015, de 5 % en 2016 et de 16 % en 2017. En revanche, la proportion d'hommes séronégatifs n'ayant pas recours à la Prep et ayant des rapports sans préservatif est relativement stable au fil des années (environ 30 %). Cette observation, nous l’avons faite également dans les autres pays où la PrEP a été mise en place. Elle n'a rien de surprenant étant donné que la Prep prévient très efficacement le risque d’une infection par le VIH, comme le préservatif", estime le professeur Molina. "La PrEP offre une nouvelle option à ceux qui ont dû mal à utiliser le préservatif et qui veulent se protéger du risque d’une infection par le VIH", rappelle-t-il. En parallèle du déploiement de la Prep en Australie, le nombre de nouvelles infections par le VIH a diminué de 16 et 11 % entre 2016 et 2018 respectivement dans les États de Victoria et de Nouvelle-Galles du Sud, ce qui témoigne, selon le professeur Molina, du "bénéfice collectif" de la Prep.