La RDR efficace contre le VIH

10 Novembre 2021
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Les États baltes, l’Estonie et la Lettonie, deux pays voisins, offrent un « exemple très contrasté de l’effet de différentes approches de santé publique sur l’épidémie de VIH chez les consommateur-rices de drogues injectables », explique un communiqué de l’Onusida (2 novembre). Au début des années 2000, les deux pays affichaient les taux de diagnostic du VIH parmi les plus élevés d’Europe. Les épidémies de ces pays étaient alimentées par le partage de matériel d’injection non stérile chez les personnes usagères de drogues par injection, comme c’était le cas pour de nombreux pays européens à l’époque et précédemment. Par la suite, la situation a commencé à évoluer différemment. Selon l’étude Hermetic, les nouvelles infections au VIH en Estonie ont reculé de 61 % à l’échelle nationale et de 97 % chez les consommateurs de drogues injectables entre 2007 et 2016. En Lettonie, l’épidémie a suivi une trajectoire différente. La même étude montre que, sur la même période, les nouvelles infections au VIH y ont globalement augmenté de 72 %. En 2016, l’incidence globale y était presque deux fois plus élevée qu’en Estonie (35 cas pour 100 000 personnes contre 19 cas pour 100 000). Les deux épidémies ont été  alimentées par le partage de matériel d’injection et probablement par les rapports sexuels non protégés entre des membres de ce groupe et leurs partenaires sexuels-les, commente l’Onusida. L’étude conclut que la principale différence entre les deux épidémies réside dans la disponibilité des services de réduction des risques (RDR). Des programmes de fourniture d’aiguilles et de seringues sont déployés depuis 1997 en Lettonie, mais à une échelle très limitée. Jusqu'en 2016, la Lettonie distribuait environ 93 seringues et aiguilles par personne usagère par injection par an, contre 230 en Estonie voisine. Les deux pays ont élargi l’accès au traitement de substitution aux opioïdes (TSO) qui a un effet prouvé sur la réduction de l’usage de drogues injectables et la transmission du VIH comme du VHC. Ces pays ont, par ailleurs, amélioré les services de dépistage du VIH et de thérapie antirétrovirale destinés aux personnes injectrices. L’accès au traitement de substitution aux opioïdes reste certes limité dans les deux pays, il est toutefois plus élevé en Estonie qu’en Lettonie. Les résultats de l’étude HERMETIC indiquent qu’en 2016, près de la moitié des consommateurs-rices de drogues injectables en Estonie faisaient un dépistage du VIH sur une période de 12 mois, et que les trois quarts des personnes diagnostiquées positives au VIH suivaient une thérapie antirétrovirale. En Lettonie, environ 10 % des consommateurs-rices de drogues injectables ont fait un test de dépistage du VIH au cours d’une année donnée entre 2007 et 2016, et seulement 27 % des membres séropositifs de ce groupe VIH suivaient une thérapie antirétrovirale. L’adoption lente des directives internationales sur le traitement du VIH a contribué à la faible couverture du traitement en Lettonie, conclut l’Onusida.