La réforme "Trumpcare" accusée de viser les femmes

30 Mai 2017
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La réforme du système de santé baptisée "Trumpcare", adoptée à la Chambre des représentants, est sévèrement critiquée et qualifiée d'agression contre les femmes par nombre d'experts, assureurs, médecins et militants, même si le texte devrait être édulcoré au Sénat. Le Congrès américain des obstétriciens et gynécologues (ACOG) dénonce "une attaque contre la santé des femmes", qui "décime l'accès aux soins des patientes à bas revenus". Il fustige le choix donné aux Etats de ne plus couvrir des soins essentiels comme les maternités ou les nouvelles "barrières à l'avortement", indique l'AFP. L'American health care Act (Ahca), surnommé "Trumpcare", "va nuire de manière disproportionnée" aux femmes, renchérit Allison Hoffman, experte en droit et politique à l'université Ucla. Ange-Marie Hancock, professeure en sciences politiques à la faculté USC, va jusqu'à qualifier le texte d'"anticonstitutionnel". Allison Hoffman rappelle qu'historiquement la santé des femmes était "négligée" par les politiques publiques américaines : les patientes devaient payer plus cher leurs assurances à cause notamment de l'éventualité de grossesses. La loi "Obamacare" y remédiait en interdisant de faire payer plus les femmes, mais la nouvelle réglementation reviendrait en arrière. Les assureurs aussi se montrent critiques : Pat Salas, présidente de l'organisme de conseil en assurance SBHIS, estime que "les femmes et les enfants qui n'avaient pas de couverture santé avant (la loi santé d'Obama) vont être les premiers touchés". "Obamacare n'était pas tenable, il avait des failles partout, mais on devait le réparer, pas le supprimer", insiste Pat Salas. Autre point de friction : l'organisation de planning familial Planned parenthood (PP) est directement ciblée par le texte, qui envisage de supprimer ses financements fédéraux pour un an, soit jusqu'à 550 millions de dollars, 42 % de son budget. Donald Trump, qui a fait de l'abrogation d'Obamacare une priorité, avait aussi promis pendant sa campagne de "dé-financer" Planned parenthood, pour séduire notamment les évangélistes chrétiens anti-avortement. Planned parenthood, qui revendique 2,5 millions de patient-e-s, essentiellement des femmes à bas revenus et issues de minorités, est le premier fournisseur de soins gynécologiques du pays mais aussi celui d'IVG, ce qui en fait la bête noire des "pro-life".