La résistance aux antibiotiques tue

3 Février 2022
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Selon une étude publiée le 20 janvier dans The Lancet, la perte d’efficacité de certains médicaments antibiotiques a causé 1,27 million de morts dans le monde en 2019, c’est plus que le sida ou le paludisme. « Ces nouvelles données révèlent la véritable ampleur de l’antibiorésistance dans le monde… De précédentes estimations prédisaient 10 millions de morts par an en 2050, et l’on sait désormais que nous sommes bien plus proches de ce chiffre que nous le pensions », commente le Pr Christopher Murray, coauteur de l’étude, épidémiologiste à l’université de Washington, cité par Le Figaro. Plusieurs facteurs jouent : la résistance aux antibiotiques qui résulte d’un phénomène naturel, notre mauvais usage des médicaments (antibiotiques prescrits alors qu’il ne s’agit pas d’une infection bactérienne, durée et fréquence du traitement non respectées par le-la patient-e, etc.). Certaines bactéries ont même acquis des résistances contre plusieurs catégories d’antibiotiques, au point qu’il ne reste parfois plus d’options thérapeutiques efficaces. Les régions les plus durement frappées par l’antibiorésistance et la mortalité qui lui est liée sont l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud (Inde, Népal et Pakistan). En Europe de l’Ouest, le problème est davantage lié au mésusage des traitements. L’étude du Lancet montre que les principales maladies rendues mortelles par l’antibiorésistance sont les infections des voies respiratoires inférieures (pneumonies notamment), les septicémies et les infections intra-abdominales (péritonites, etc.), détaille Le Figaro. Les autorités internationales de santé ou politiques ont pris conscience de la menace depuis quelques années, avec, notamment le lancement de différents plans d’action (OMS en 2015, Union européenne, la même année, pays du G7 en 2016, etc). La réponse au phénomène nécessite de très importants investissements financiers, qui restent, aujourd’hui, « insuffisants pour inciter à développer de nouveaux traitements » antibiotiques. Pour réduire l’antibiorésistance, les auteurs-rices du rapport rappellent quelques pistes possibles : la réduction des infections, notamment nosocomiales ; le développement de vaccins (sur six bactéries pointées comme particulièrement préoccupantes par l’OMS, seule le Streptococcus pneumoniae fait l’objet d’un vaccin), ou encore l’amélioration des pratiques de prescription (en utilisant des tests diagnostiques par exemple).