La santé mondiale bousculée

13 Septembre 2020
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Selon une enquête mondiale menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 90 % des pays ont souffert de perturbations de leurs services de santé essentiels depuis le début de la pandémie de Covid-19. C’est l’un des chiffres marquants d’un rapport publié le 31 août, portant sur les données transmises par 105 pays et recueillies de mars à juin 2020. Ces données montrent que la quasi-totalité des pays (90 % donc) ont connu des perturbations de leurs services de santé, les pays à revenu faible et intermédiaire rapportant les difficultés les plus graves. « L’enquête met en lumière les défaillances de nos systèmes de santé, mais elle est aussi utile pour concevoir de nouvelles stratégies afin d’améliorer la prestation des soins de santé pendant une pandémie et au-delà », commente le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, dans un communiqué. Pour le directeur de l’OMS, l’objectif stratégique est double : anticiper de futures crises pour mieux faire face aux situations d’urgence et continuer à investir dans des systèmes de santé qui répondent pleinement aux besoins des populations tout au long de la vie. Selon les rapports transmis, les pays ont en moyenne connu des perturbations dans 50 % d’un ensemble de 25 services indicateurs (par exemple, accès à la vaccination, accès aux médicaments, etc.). Parmi les domaines les plus fréquemment perturbés figuraient la vaccination systématique, les services de proximité (70 %) et les services en centres de soins (61 %), le diagnostic et le traitement des maladies non transmissibles (69 %), la planification familiale et la contraception (68 %), le traitement des troubles de la santé mentale (61 %), le diagnostic et le traitement du cancer (55 %). Les pays ont également signalé des dérèglements dans le diagnostic et le traitement du paludisme (46 %), la détection et le traitement des cas de tuberculose (42 %) et dans les traitements antirétroviraux (32 %).  Par ailleurs, des services d’urgence potentiellement vitaux ont été perturbés dans près d’un quart des pays ayant répondu à l’enquête. Les services d’urgence 24h/24 par exemple ont été touchés dans 22 % des pays, les transfusions sanguines urgentes perturbées dans 23 % des pays, et la chirurgie d’urgence affectée dans 19 % des pays. Ces perturbations ont des causes diverses : baisse de la demande de soins du fait du confinement obligatoire, difficultés financières constituant des entraves au recours aux soins, réaménagement de l’offre de soin. Ainsi, le facteur le plus fréquemment signalé du côté de l’offre a été l’annulation des services non urgents (66 %). Parmi les autres facteurs mentionnés par les pays figurent le redéploiement du personnel pour les services de secours liés à la Covid-19, l’indisponibilité des services en raison des fermetures et les interruptions dans la fourniture de matériel médical et de produits de santé. Le rapport rend également compte des expériences vécues par les pays dans l’adaptation des stratégies afin d’atténuer l’impact sur la prestation des services de santé. D’ailleurs sur ce point, l’OMS a décidé de créer un Centre d’apprentissage sur les services de santé dans le contexte de la Covid-19. Cette plate-forme web permettra de « partager les expériences et de s’inspirer des pratiques nationales innovantes pouvant être utiles dans le cadre de la riposte collective mondiale ».