La santé publique doit s’affranchir des intérêts économiques

5 Avril 2018
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Le gouvernement a présenté le 26 mars, à l’occasion d’un comité interministériel sur la santé, un plan national de santé publique qui constitue le volet "prévention" de sa stratégie nationale de santé. C’est un ensemble de 25 mesures qui ciblent à tous les âges de la vie. France Assos Santé juge que cette stratégie est "positive" pour autant "que les moyens dédiés permettent une mise en œuvre effective de ces mesures". Le collectif regrette que ces mesures "ne s’inscrivent pas dans une stratégie visant une action coordonnée sur les déterminants de santé. "Jalonner ces mesures tout au long de la vie de nos concitoyens est une idée intéressante qui favorise leur lisibilité ainsi, espérons-le, que leur mise en œuvre et leur évaluation (…) Si certaines de ces mesures sont très concrètes et contiennent intrinsèquement leur évaluation (-20 % de consommation de sel), d’autres, plus nombreuses, sont bien plus larges et méritent d’être déclinées en actions et objectifs pratiques (mieux prendre en compte les besoins de santé des personnes en situation de handicap, parcours santé des 0-6 ans ou prévenir la perte d’autonomie en agissant dans les milieux de vie), détaille France Assos Santé dans un communiqué (26 mars). Le collectif regrette que "les mesures n’aillent pas plus loin (…) Il manque notamment à l’appel des mesures phares concernant les conditions de logement, de travail, de transport, d’aménagement du territoire qui sont autant de domaines impactant fortement l’état de santé. La problématique transversale du lien entre l’environnement et la santé, qui ne peut pas se résumer à la question des perturbateurs endocriniens, ne paraît pas prise à sa juste mesure", critique France Assos Santé. "Pourtant, c’est bien sur ces sujets que l’action interministérielle prend tout son sens", note le collectif qui préconise la réalisation d’une "étude d’impact sur la santé pour toute décision législative d’importance, afin que les répercussions sanitaires soient prises en compte de façon permanente et objectivée et non pas sur la base de considérations d’intérêts particuliers". "Ce caractère prioritaire de la santé et de la prévention dans toute politique publique par rapport aux autres intérêts, notamment économiques ou industriels, n’apparaît pas aujourd’hui assez fortement dans le plan annoncé par le gouvernement", conclut France Assos Santé.