La Seine-Saint-Denis vise le 90-90-90

3 Juillet 2017
2 468 lectures
Notez l'article : 
0
 

Seine-Saint-Denis : objectif fin de la transmission du Sida en 2030 
Deuxième département de métropole le plus touché par l'épidémie de VIH après Paris, la Seine-Saint-Denis a présenté, le 20 juin, un plan pour mettre fin à l’épidémie de VIH dans le département d’ici 2030. Le plan, élaboré à partir d'un rapport dirigé par l'épidémiologiste France Lert, fait suite à un travail similaire lancé à Paris en 2016 : Vers Paris sans sida. "Ce rapport nous permet de poser les bases de nouvelles actions de prévention", a expliqué Stéphane Troussel, président PS du département. Les priorités du département sont "le dépistage et une meilleure prévention en direction des publics LGTBI", a-t-il ajouté. En Seine-Saint-Denis, on détecte chaque année 2,5 à 3 fois plus de nouveaux cas que dans le reste de la France. Dans ce département, l'un des plus pauvres et plus jeunes du pays, où vivent de nombreuses personnes immigrées et étrangères, 389 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2014, soit 5,9 % des nouveaux cas en France. 71 % des nouveaux diagnostics concernaient des personnes nées à l'étranger. Pour atteindre l'objectif de la fin de transmission de l'épidémie en 2030, le département ambitionne de réussir en 2020 les 3 fois 90, fixés par l'Onusida : 90 % des personnes vivant avec le VIH diagnostiquées, 90 % des personnes diagnostiquées traitées par des antirétroviraux et 90 % des personnes traitées avec une charge virale indétectable. Pour cela, le rapport préconise de déployer une offre de "prévention combinée" qui repose notamment sur la mise en place d'un programme de dépistage "volontariste". Le programme devra être centré sur les "populations les plus exposées" dans le département : "les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes et les populations immigrées d'Afrique sub-saharienne". Parmi les mesures envisagées : proposer le dépistage lors des consultations de médecine générale ou l'inclure dans les "consultations des voyageurs" fréquentées, en particulier en Seine-Saint-Denis, par des personnes immigrées avant des vacances ou des visites dans leur pays d'origine, organiser des dépistages "hors les murs" ou promouvoir l'autotest.