La Suisse lance une campagne pour les génériques

5 Juin 2018
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L'organisation non gouvernementale Public Eye a lancé une campagne pour faire baisser le prix des médicaments, indique une dépêche ATS. Comme c’est déjà le cas dans d’autres pays, l'organisation déplore une marge de manœuvre trop grande des firmes pharmaceutiques dans la fixation des tarifs. Pour l’ONG, le Conseil fédéral doit recourir à des licences obligatoires pour autoriser les génériques malgré les brevets des groupes pharmaceutiques. "Les firmes pharmaceutiques peuvent pratiquement fixer les prix des médicaments comme bon leur semble", déplore Public Eye dans un appel au président de la Confédération Alain Berset et au conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann (Economie, recherche). Le problème d’accès aux "médicaments vitaux" ne concerne plus seulement les pays en développement et émergents, affirme l'ONG, soutenue dans ses démarches par la Ligue suisse contre le cancer. Les tarifs des médicaments anticancéreux en Suisse explosent. Ils peuvent être supérieurs à 100 000 francs suisses (environ 86 000 euros) par an et par personne traitée. Comme l’explique ATS, en marge de l'Assemblée mondiale de la santé (AMS) qui s’est récemment tenue à Genève, Alain Berset a reconnu que des "efforts" législatifs doivent être menés pour améliorer l'accès aux génériques, sans plus de précisions. A l’instar de ce qui se passe ailleurs, l’enjeu pour les autorités est de trouver un équilibre entre recherche et développement au sein des entreprises, recherche publique et mise sur le marché qui garantisse une capacité à investir. C’est du moins en ces termes que l’exécutif suisse pose le problème. Comme le précise ATS, en 2017, des économies de près de 200 millions de francs suisses ont été réalisées sur le prix des médicaments, mais il reste beaucoup à faire.  Dans son rapport "Protégez les patients, pas les brevets", l'ONG Public Eye relève que des licences obligatoires permettraient de satisfaire à la fois "les intérêts d'une industrie très rentable et les besoins de santé publique". Un dispositif prévu par un accord sur la propriété intellectuelle à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), mais qui est très rarement appliqué et auquel l’industrie pharmaceutique est particulièrement hostile.