L'accès aux soins encore restreint pour les plus pauvres en Europe

30 Mai 2015
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Les personnes les plus démunies ont un accès de plus en plus restreint aux soins en Europe, explique et dénonce Médecins du Monde (MdM) dans son nouveau rapport publié le 8 mai. Ce rapport balaye, par ailleurs, le "mythe" de la migration pour raison médicale, précise l’AFP. "Concernant la santé, les institutions de l'Union européenne ont récemment réaffirmé leur adhésion aux valeurs d'universalité, d'accès à des soins de qualité, d'équité et de solidarité (...) Dans la pratique, ces mots demeurent encore trop souvent des promesses", critique l'organisation non gouvernementale. (MdM réclame un réel accès aux soins pour tous. "Alors que les besoins de santé non satisfaits ont augmenté globalement dans la plupart des pays en raison de la crise économique et des mesures d'austérité, les personnes les plus démunies (parmi lesquelles un nombre croissant de ressortissants nationaux) ont été les plus durement touchées", précise l’organisation dans ce rapport présenté à Londres. Ce constat se fonde sur des consultations médicales réalisées en 2014 auprès de 22 171 personnes (dont 78 % d'immigrés non-européens) dans neuf pays de l'Union Européenne, dont l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Le rapport dénonce une situation particulièrement difficile pour les femmes enceintes et les enfants : plus de la moitié des femmes enceintes n'avait pas bénéficié de consultation prénatale avant leur rendez-vous avec (MdM, tandis que seul un tiers des enfants vu par l'organisation était vaccinés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Au total, deux tiers des personnes vues par (MdM en 2014 ne bénéficiaient d'aucune couverture maladie. "Les barrières à l'accès aux soins les plus fréquemment citées sont l'impossibilité financière de payer, les problèmes administratifs, le manque de connaissance ou de compréhension du système de santé et des droits relatifs à la santé et la barrière de la langue", précise le rapport. Les données recueillies pour ce rapport "déconstruisent clairement le mythe de la migration pour raison médicale, si souvent utilisé par les gouvernements pour limiter l'accès aux soins", ajoute l'ONG. Les migrants rencontrés par (MdM en 2014 vivaient en moyenne depuis 6,5 ans dans le pays et seuls 3 % ont cité la santé comme l'une des raisons de leur migration.