L'Allemagne, premier pays à légaliser un troisième genre

16 Novembre 2013
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L'Allemagne est devenue (1er novembre) le premier pays européen à autoriser les bébés nés sans être clairement identifiés comme garçon ou fille à être enregistrés sans indication de sexe. Les parents vont ainsi être autorisés à laisser vierge la case afférente sur les certificats de naissance, créant ainsi une catégorie indéterminée dans les registres d'état-civil. "C'est la première fois que la loi reconnaît qu'il existe des êtres humains qui ne sont ni homme, ni femme, ou sont les deux — des gens qui ne rentrent pas dans les catégorisations légales traditionnelles", a expliqué à l'AFP Konstanze Plett, professeur de droit à l'Université de Brême. La mesure est destinée à atténuer la pression qui pèse sur les parents, poussés à décider en urgence d'opérations chirurgicales controversées, pour attribuer un sexe à un nouveau-né. Les passeports allemands sur lesquels est apposé un "M" pour masculin ou un "F" pour féminin pourront bientôt arborer un "X" dans la case réservée au sexe, selon un porte-parole du ministère de l'Intérieur, explique l’AFP. Et selon Konstanze Plett, qui a fait des droits des personnes intersexuées sa spécialité, les règles s'appliquant aux autres documents officiels devraient suivre le même mouvement. Si la loi rentre effectivement en application le 1er novembre, elle ne permet cependant pas de répondre à certaines questions sur ce que cela signifie de vivre sans une identité sexuelle juridiquement établie. Le législateur doit désormais clarifier quelles vont être les conséquences de cette modification en matière de mariage et d'union civile. Du côté des associations, la préoccupation est surtout de savoir quelle peut être la vie des enfants au sexe ainsi non-identifié à la naissance, dans un monde qui fonctionne en grande partie sur une logique binaire homme/femme. En juin 2013, l'Australie a annoncé l'instauration d'une nouvelle nomenclature concernant la reconnaissance des sexes sur les documents officiels, offrant le choix entre homme, femme ou trans-genre. La nouvelle loi fait suite à un rapport de 2012 du comité d'éthique allemand qui réunit théologiens, universitaires, juristes et a pour mission de conseiller le gouvernement. Il soulignait que les personnes connaissant des "différences sur le plan du développement sexuel" souffraient face à "l'ignorance sociale généralisée" et au "manque de respect du corps médical". Le nombre de cas d'intersexués est estimé à une naissance sur 1 500 à 2 000, mais il pourrait être plus élevé, en raison des difficultés de définition de l'intersexualité, tant sur un plan physique qu'hormonal.