Le Botswana décriminalise l'homosexualité

20 Juin 2019
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La justice du Botswana a annulé (11 juin)  l'interdiction de l'homosexualité en vigueur dans le pays, qualifiée de « relique de l'ère victorienne », une décision aussitôt saluée par les défenseurs-euses de la cause LGBTI+, indique l’AFP. Ce jugement historique était très attendu sur l'ensemble du continent africain, où l'homosexualité reste illégale dans plus de la moitié des pays subsahariens. Les clauses du code pénal du Botswana relatives aux relations entre personnes du même sexe « sont annulées », a donc déclaré le juge Michael Leburu dans une salle d'audience comble de la Haute Cour à Gaborone, la capitale. « La justice ordonne que les lois soient amendées »", a-t-il ajouté.  Les clauses en question sont « des reliques de l'ère victorienne » qui « ne sont plus viables ». Elles « oppressent une minorité » et « ne passent pas l'épreuve de la constitutionnalité », a-t-il ajouté. La Haute Cour s'est prononcée sur ce sujet sensible sur requête d'une personne anonyme, identifiée par ses seules initiales LM pour des raisons de sécurité, qui contestait le code pénal. Le texte en vigueur depuis 1965 prévoyait des peines pouvant aller jusqu'à sept ans de prison. « Les minorités ne doivent pas être exclues et ostracisées », a encore expliqué le juge Leburu dans son jugement. « Le temps est venu que la sexualité entre personnes du même sexe soit décriminalisée », a insisté le magistrat. Et de rajouter : « Les hétérosexuels sont autorisés à exprimer leur sexualité sans problème mais la même chose ne s'applique pas au requérant ». Lui « nier le droit d'avoir des relations sexuelles comme il l'entend est discriminatoire", a-t-il encore expliqué, jugeant « fondamental » le droit au respect de la vie privée. Ce jugement est « un signal revigorant pour la dignité humaine, la vie privée et l'égalité », a réagi Neela Ghoshal de l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW). Ce jugement intervient après le refus en mai de la Haute Cour du Kenya d'abroger les lois réprimant les relations homosexuelles, qui avait douché les espoirs de la communauté continentale LGBTI+. Ces dernières années, le Botswana est devenu progressivement plus tolérant à l'égard de l'homosexualité. En 2016, un tribunal avait tranché en faveur des militants de l’association Legabibo, qui dénonçaient le refus du ministère de l'Intérieur d'enregistrer leur association. L'an dernier, le président Mokgweetsi Masisi avait regretté que dans son pays « beaucoup de personnes entretenant des relations avec des personnes du même sexe (...) aient été agressées et aient souffert en silence ». « Tout comme les autres citoyens, elles méritent que leurs droits soient protégés », avait-il alors estimé.