Le budget de l’AME fait polémique

18 Novembre 2018
1 536 lectures
Notez l'article : 
0
 

Grand classique des discussions budgétaires, la hausse en 2019 du budget de l'Aide médicale d'État (AME) a, une nouvelle fois, échauffé les esprits des députés à l'Assemblée Nationale (8 novembre) alors que le gouvernement a défendu avec le soutien de la gauche un dispositif décrié par la droite et l'extrême droite. Le budget de l'AME, qui permet aux personnes étrangères en situation irrégulière résidant en France depuis plus de trois mois de bénéficier d'un accès aux soins, augmentera de 53 millions d'euros en 2019 pour atteindre près de 943 millions d'euros. Lors des débats, l’extrême droite (Rassemblement national), qui a toujours demandé la fin de l’AME, a défendu trois amendements réclamant « la suppression de 95 % de sa ligne budgétaire » pour ne conserver que « les 5 % dédiés aux soins urgents », indique l’AFP. « L'AME fait partie des pompes aspirantes de l'immigration. Son budget augmente d'année en année. On voit bien qu'il y a une volonté de laisser les robinets totalement ouverts », a expliqué, comme à son habitude, Marine Le Pen établissant un parallèle avec les nombreux Français qui renoncent à des soins faute de moyens, alors que les deux phénomènes n’ont évidemment aucun rapport. Sans surprise, les Républicains sont aussi montés au créneau contre l’AME. « Je partage l'idée qu'il existe un lien entre l'AME et la politique d'immigration. Ce qu'il faut, c'est avoir une politique d'immigration maitrisée », a indiqué la rapporteure Véronique Louwagie (LR), son confrère l député LR Fabien di Filippo, évoquant un système « qui participe à l'appel d'air qui pousse les migrants à venir en France ». Côté gouvernement, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a défendu le dispositif. « Votre amendement est extrêmement dangereux (...) et coûterait, au final, plus cher à la société : Je ne connais pas une seule maladie où la traiter tard (...) coûterait moins cher que de la traiter tôt et, pour les pathologies infectieuses, cela voudrait dire que l'on laisserait des gens (...) contaminer les autres dans l'espace public », a-t-elle indiqué.