Le cannabis à l'amende

4 Juin 2017
712 lectures
Notez l'article : 
0
 

Une contravention. C’est la réponse qu’a choisi le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, aux faits d’usage de cannabis. Une proposition qui sera proposée sous trois mois, et qui ne dit rien du risque que cela "comporte d’accentuer la pression judiciaire sur les personnes dont l’usage ne nuit pas fondamentalement à l’ordre public", selon la Fédération addiction, qui s’est exprimée via un communiqué en date du 29 mai 2017. La prohibition est un échec, et cette nouvelle proposition ne répond en rien aux questions sociales et sanitaires que pose l’usage du cannabis, toujours selon la fédération. "Cet échec a aussi un impact sur les pratiques professionnelles, les enfermant dans le piège du seul prisme délit ou maladie. La prévention a été réduite à agiter la peur, celle de la sanction ou celle des conséquences sanitaires et sociales, oubliant l’éducation et la réduction des risques", peut-on lire dans le communiqué. Ce n’est pas en poursuivant sur cette ligne répressive que ces questions trouveront leurs réponses. Mais bien en proposant un soutien, un accompagnement psychologique et social, mais aussi une prévention précoce, déjà proposée lors des consultations jeunes consommateurs qui remportent un réel succès. La Fédération addiction regrette par ailleurs que "l’axe police/justice soit le seul angle d’attaque annoncé". Ses attentes ? "Que l’ensemble des acteurs, associations d’usagers, d’auto-supports, associations familiales et professionnels de la réduction des risques et des soins, personnels de justice et de maintient de l’ordre, soient associés à une nécessaire réforme de la loi et aux évolutions des pratiques qui doivent l’accompagner".