Le HCE alarme

2 Juin 2020
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Dans un communiqué (27 mai), le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes s’alarme d’une pénurie de certains médicaments qui pourrait constituer un « risque d’atteinte aux droits sexuels et reproductifs des femmes ». Dans son texte, le HCE avance que la « crise Covid-19 a montré à quel point l’autonomie nationale, voire européenne, pour les médicaments était importante. Des médicaments, indispensables aux traitements des patients-es, ont été en rupture, mettant en jeu leur vie. Cette pénurie touche tout particulièrement les hormones féminines, mettant en péril la santé sexuelle des femmes et la maîtrise de leur fécondité ». Certes, note le HCE, cette « crise de pénurie » est «ancienne et profonde », mais elle revêt un caractère particulier avec la crise sanitaire actuelle qui a exacerbé le phénomène. Le HCE s’est surtout intéressé à la « santé sexuelle des femmes » et la « maîtrise de leur fécondité ». Le communiqué évoque des pénuries et ruptures d’approvisionnement affectant les contraceptifs œstro-progestatifs, les œstrogènes locaux, les progestatifs et des traitements utilisés pour les avortements médicamenteux. Dans son texte le HCE souligne « l’importance pour les pouvoirs publics de s’organiser pour mieux contrôler et gérer la production et la commercialisation des médicaments nécessaires pour assurer la santé sexuelle des femmes et la maîtrise de leur fécondité ». Il rappelle que la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2020) a introduit l’obligation de disposer d’un stock de sécurité de médicaments de quatre mois, disponible sur le territoire européen. Mais ces « dispositions ne seront effectives qu’à partir du 30 juin 2020 et devront faire l’objet d’une grande vigilance ». Il recommande d’ailleurs « aux pouvoirs publics d’exercer un vrai contrôle sur ces produits, d’avoir des stocks d’au moins quatre mois pour les produits indispensables, de relocaliser la fabrication en Europe et en France et de garantir la production des médicaments non rentables en les nationalisant ».