Le Kenya met à disposition le dolutégravir

6 Août 2017
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Le Kenya souhaite accélérer l’accès à de nouveaux antirétroviraux plus efficaces, plus faciles à prendre et occasionnant très peu d’effets indésirables. Pour ce faire, il s’est associé avec Unitaid. Le gouvernement kenyan et Unitaid ont annoncé, en juin dernier, la mise à disposition d’un nouveau médicament de première intention destiné aux personnes séropositives : le dolutégravir (DTG/Tivicay), en version générique. Le Kenya devient ainsi le premier pays d’Afrique à lancer une version générique de ce nouveau médicament pour une utilisation en routine. Le dolutégravir est le médicament qui a été le plus utilisé par les personnes vivant avec le VIH dans les pays à haut revenu au cours des deux dernières années, rappelle Unitaid. Il présente très peu d’effets indésirables, sa prise est plus simple : un comprimé par jour, et les personnes sont moins susceptibles de développer des résistances. En 2015, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé le dolutégravir comme traitement de première intention alternatif pour les adultes et adolescents. Mais jusqu’à récemment, les personnes vivant avec le VIH dans les pays comme le Kenya n’avaient pas accès à ce médicament. Le ministère de la Santé du Kenya commencera à distribuer le dolutégravir à 27 000 personnes présentant des intolérances à l’éfavirenz (Sustiva), le médicament de première intention actuellement utilisé au Kenya. Le nouveau médicament sera distribué dans certains établissements de santé à travers le pays, avec pour objectif de le rendre accessible aux personnes dans l’ensemble du pays, précis Unitaid. Plusieurs essais cliniques de phase 3 ont montré que le dolutégravir permet d’obtenir de meilleurs résultats que les autres traitements de première intention. "Les nouveaux traitements comme le dolutégravir offrent un fort potentiel de traitement plus efficace et moins coûteux contre le VIH", indique Lelio Marmora, directeur exécutif d’Unitaid. Au Kenya, environ 1,5 million de personnes sont séropositives et seul un million d’entre elles a accès aux antirétroviraux. Unitaid a investi 67 millions de dollars dans le but de répondre à ce besoin urgent en s’efforçant de réduire à moins de dix ans le délai de mise à disposition de ces nouveaux médicaments dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Le Nigeria et l’Ouganda mettront à disposition le dolutégravir en 2017 dans le cadre d’un projet d’Unitaid concernant le développement d’un traitement trois-en-un à dose fixe. La combinaison à dose fixe inclurait trois molécules : le ténofovir, la lamivudine et le dolutégravir ; ce qui devrait simplifier considérablement le traitement pour les personnes séropositives.