Le patient de Sao Paulo n’est plus en rémission

27 Mars 2021
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Cela faisait partie des annonces les plus médiatisées de la conférence mondiale sur le sida, Aids 2020 en juillet dernier : des chercheurs-ses avaient annoncé qu'un homme vivant avec le VIH, en rémission depuis plus d'un an, pourrait être la première personne adulte à être en rémission sans avoir eu besoin d'une greffe de moelle osseuse. L’homme en question, un Brésilien de 35 ans, avait été diagnostiqué séropositif au VIH en 2012. Il a été traité initialement avec des antirétroviraux classiques. Dans le cadre de l'étude, il a reçu deux médicaments antiviraux puissants en plus de son traitement anti-VIH habituel, du maraviroc (Celsentri) et du dolutégravir (Tivicay) ainsi que de la nicotinamide, dérivée de la vitamine B3 ou niacine, pour voir s'ils pouvaient l'aider à éliminer le virus. En mars 2019, il avait commencé une interruption de traitement sous étroite surveillance médicale. Après plus de 57 semaines sans traitement anti-VIH, l’homme était resté négatif au test de détection d'anticorps anti-VIH. Mais lors de la Croi 2021, nouvelle annonce : celui qui a été surnommé le « patient de São Paulo » n'est plus en rémission et sa charge virale est, de nouveau, détectable nous apprend le site d’informations Poz. En septembre 2020, le Brésilien a été diagnostiqué d’une syphilis. À ce moment-là, sa charge virale était toujours indétectable. Mais en novembre, soit 72 semaines après son interruption de traitement, il a connu des symptômes qui ressemblaient à une primo-infection VIH (fièvre, frissons, maux de tête, diarrhée). Une mesure de sa charge virale a montré qu’elle était remontée à 6 300 copies/ml et ses anticorps VIH ont également commencé à remonter. De nouveau sous traitement antirétroviral début décembre 2020, sa charge virale était de nouveau indétectable au premier janvier 2021. Après avoir étudié la souche de VIH de novembre 2020, les chercheurs-ses ont constaté des différences génétiques par rapport à la souche originale et des mutations plus nombreuses qu’une évolution classique du virus dans l’organisme. Des recherches sur le séquençage génétique et la réponse des anticorps sont en cours pour déterminer si ce cas est une rechute ou une réinfection.