Le VIH éliminé du génome chez la souris

5 Juillet 2019
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Le 2 juillet, la revue scientifique Nature communications a publié les résultats d’une étude qui a permis d’identifier un « nouveau moyen possible d’éliminer le VIH du génome d’un animal infecté ». L’étude, rapporte le site de L’Obs, a porté sur 29 souris. Sur certaines de ces souris, des chercheurs-ses, de l’école de médecine Lewis Katz de l’université Temple et de l’université Nebraska medical center, ont utilisé « une combinaison modifiée d’un traitement antirétroviral afin que l’activité du virus reste faible ainsi qu’une technique de modification génétique qui a « supprimé » les gènes du VIH des cellules infectées ». Ce sont donc deux méthodes qui ont été utilisées concomittament, dont l’une est connue et appliquée largement : le traitement ARV qui permet d’obtenir une charge virale indétectable, mais ici dans une version modifiée : le laser art. Des tests ont été réalisés pour voir si on trouvait trace ou non du virus, tout particulièrement dans le génome. Les chercheurs-ses indiquent que chez 30 % des souris ainsi traitées, ils-elles n’ont trouvé aucune trace du virus dans le génome des animaux. Concrètement, les scientifiques ont traité les animaux infectés avec un traitement antirétroviral modifié (technique du laser art). Cette dernière a été mise au point par le Dr Howard Gendelman (université du Nebraska) le principal auteur de l’étude. Il s’agit d’un traitement injectable (pour long-acting, slow-effective release Art). Avec cette technique, les antirétroviraux modifiés agissent plus lentement, durant des mois, au lieu d’une à plusieurs journées actuellement. Ces antirétroviraux modifiés ciblent les tissus d’organes comme la rate, le cerveau, la moelle osseuse où des réservoirs latents de VIH se forment. La seconde technique utilisée est celle du système CRISPR-Cas9. Depuis 2012, les chercheurs-ses disposent de ce nouvel outil moléculaire. Cette technique permet de supprimer et d’insérer des gènes à un endroit précis du chromosome, au sein du génome de n’importe quelle cellule et quelle que soit l’espèce, y compris chez l’homme, expliquait un article de 2017. CRISPR-Cas9 utilise un enzyme (Cas9) qui agit comme des ciseaux moléculaires. Ces derniers peuvent enlever des parties indésirables du génome pour les remplacer par de nouveaux morceaux d’ADN, un peu comme lorsqu’on corrige une faute de frappe dans un logiciel de traitement de texte. L’utilisation de ce processus a permis de « nettoyer des segments du génome » et de faire disparaître le VIH, explique Kamel Khalili, coauteur de l’étude et directeur du centre de neurovirologie et du Comprehensive NeuroAids. L’utilisation conjuguée de ces deux techniques a donc permis d’éliminer le virus chez 9 des 29 souris traitées (30 %). « Cette observation est une preuve que l’élimination du VIH est possible », affirme Kamel Khalili, cité dans différents articles. Mais le chercheur se montre prudent et indique bien que « ce n’est qu’un premier pas ». Les chercheurs-ses estiment qu’il faudra encore patienter un an pour voir si le virus est bien éradiqué du génome des souris concernées. En cas de succès, d’autres tests pourraient être conduits sur le singe. Ce n’est pas la première fois qu’une annonce scientifique indique qu’une guérison (Cure) du VIH est possible. On le sait depuis la guérison fonctionnelle de Timothy Ray Brown, le patient de Berlin en 2007, après une transplantation de cellules souches.
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