Le VIH en hausse dans un tiers des pays de l'UE

23 Juin 2019
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Les taux d'infection au VIH continuent d'augmenter dans un tiers des pays de l'Espace économique européen (EEE). C’est-à-dire les États membres de l'Union européenne (UE) plus l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège. Et cela, en dépit d'une baisse globale de la prévalence du VIH dans l'ensemble de la zone, a expliqué (3 juin) un envoyé de l'UE. Entre 25 000 et 30 000 nouveaux cas sont signalés chaque année dans les pays de l'EEE, a indiqué à l'Assemblée générale des Nations Unies Silvio Gonzato, chef adjoint de la délégation de l'UE auprès de l'Onu. « Ces statistiques sont alarmantes », a-t-il ajouté, cité par l’AFP. En 2018, environ 800 000 personnes vivaient avec le VIH dans les pays de l'EEE, et environ 14 % d'entre elles n'avaient pas encore été diagnostiquées, a précisé Silvio Gonzato. Dans les pays de cette zone, 86 % des personnes infectées par le VIH ont actuellement été diagnostiquées ; 91 % des personnes diagnostiquées reçoivent un traitement, et 92 % des personnes diagnostiquées et traitées présentent une charge virale indétectable, a-t-il affirmé. Cela donne une idée du niveau de réponse concernant l’objectif 90-90-90 de l’Onusida (1). L'épidémie continue de toucher de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables et les plus marginalisées socialement, comme les travailleuses du sexe, les personnes sans-papiers, les personnes consommatrices de drogues injectables, celles qui sont en détention, etc. « En conséquence, les politiques sociales et les politiques de santé doivent travailler main dans la main pour atteindre ceux qui courent le plus de risques. Nous devons renforcer la solidarité envers les plus vulnérables d'entre nous, et veiller à mettre davantage l'accent sur les stratégies de prévention, la formation et les services de santé, y compris pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et pour les personnes transgenres », a ajouté Silvio Gonzato. Il a également souligné l'importance du renforcement des systèmes de santé publique. Il a précisé que l'UE et ses États membres étaient à l'avant-garde de la lutte contre le VIH dans les pays partenaires, notamment grâce à leur soutien de longue date au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Les financements versés par la Commission européenne et les États membres de l'UE représentent en effet près de la moitié du financement total de cette initiative mondiale. Il n’en demeure pas moins que ces fonds restent insuffisants aujourd’hui pour en finir avec l’épidémie.

(1) : À l’horizon 2030, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. A l’horizon 2020, 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable. A l’horizon 2020, 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée, selon la définition de l’Onusida.