Les autorités de santé britanniques rétropédalent sur la PrEP

26 Avril 2016
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Un mois après avoir presque dit non à la PrEP en Angleterre, le NHS (National health services), qui coordonne l’accès aux soins et aux services de santé, fait marche arrière sous la pression des activistes. C’est le site BuzzfeedUK qui révèle ce rétropédalage de l’autorité de santé anglaise, le 19 avril dernier. Un nouvel espoir pour les associations de lutte contre le VIH. "Nous sommes particulièrement heureux de voir que lorsque le NHS en Angleterre constate la force de notre action juridique, il va revoir sa position" a déclaré Deborah Gold, directrice de la National aids trust (Nat). En effet, cette organisation de lutte contre le VIH locale avait envoyé une missive au NHS, menaçant d’une action en justice après la rupture unilatérale des discussions sur l’accès à la PrEP début mars. Celles-ci duraient depuis plus de dix-huit mois, entre les autorités de santé, les chercheurs et les acteurs communautaires anglais qui travaillent sur la prévention du VIH. Le 21 mars, la commission spéciale a rendu une décision controversée, décidant de ne pas élargir l’accès à la PrEP au-delà de cinq cents gays au sein d’une étude, tout en arguant que la mise à disposition et le financement de la PrEP n’était pas du ressort de cette institution de niveau national, mais des services de santé locaux ; ce que ces derniers avaient contesté. La lettre de la Nat pourrait donc changer la donne. D’après BuzzfeedUK, une réunion d’évaluation de la décision qui avait plus ou moins enterré la PrEP pour tous ceux qui en avaient besoin, pourrait avoir lieu fin mai. Selon un courrier reçu par l’organisation Nat, envoyé par le service juridique du National health services, un comité des services spécialisés étudiera la véracité de l’argumentaire de la décision de mars. Une réponse datant du 18 avril, fait penser qu’une reprise probable des discussions, qui devaient aboutir initialement en juin prochain, va prendre plus de temps. Même si Deborah Gold reste prudente : "Il est très important que ce réexamen soit une véritable réévaluation équitable, fondée sur tous les faits, avec l’esprit ouvert". Si le comité décide qu'il a le pouvoir et l’obligation d’agir, sa décision finale sera notifiée au Groupe consultatif sur les priorités cliniques (Gapc). Ce n’est pas une garantie d’un "oui", mais un chemin pour une PrEP accessible se dessine à nouveau.