Les blancs reçoivent davantage la Prep

3 Janvier 2020
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De nouvelles statistiques officielles américaines indiquent que la Prep est plus accessible aux États-Unis aux hommes blancs exposés aux risques (les HSH), car elle leur est plus prescrite qu’aux hommes noirs et latinos, indique l’AFP (3 décembre). Les chiffres publiés par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) illustrent le fossé qui reste à combler pour mettre fin à l’épidémie du sida d’ici 2030, un objectif fixé par le président Donald Trump en février dernier. Les inégalités ethniques et sociales sont parmi les « obstacles les plus monumentaux », à commencer par une chose aussi simple que d’aller dans une clinique et de se voir prescrire la Prep. « Nous pouvons mettre fin au statu quo, mais il faut changer nos attentes et mettre fin à la culture de satisfaction dans laquelle nous nous trouvons », a déclaré Jay Butler, directeur adjoint du département des maladies infectieuses aux CDC auprès de l’AFP. Comme partout ailleurs, dans le pays, les trois piliers de la stratégie anti-VIH : généralisation des tests de dépistage ; les traitements immédiats et systématiques (test and treat) ; et l’adoption beaucoup plus large de la Prep. Cette dernière est autorisée aux États-Unis depuis 2012. Elle est aujourd’hui recommandée systématiquement aux hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH), aux hétérosexuels-les exposés à un risque fort vis-à-vis du VIH, et aux personnes qui utilisent des seringues pour consommer des produits. En 2018, 18 % des personnes très exposées au risque VIH (estimées à 1,2 million de personnes dans le pays) utilisaient la Prep, estiment les CDC dans une étude, ce chiffre était de 9 % en 2016. L’objectif est d’atteindre la moitié des personnes concernées sous Prep.  Mais ce chiffre cache des disparités ethniques : 42 % chez les Blancs, 11 % chez les Latinos, et 6 % chez les Noirs, détaille l’AFP. Des disparités qui sont aussi régionales : à New York, l’un des endroits les plus riches du pays, 41 % du public considérée comme exposé au risque VIH bénéficie de la Prep. Dans les États plus pauvres et ruraux du Sud, cette proportion tombe souvent à moins de 15 %. Ces différences ethniques, elles se retrouvent aussi chez le nombre d’hommes noirs qui sont diagnostiqués et chez ceux qui vivent avec le VIH et dont le virus n’est pas sous contrôle, malgré les traitements et du fait de l’absence d’accès aux ARV. En effet, nombre de Noirs vivant avec le VIH n’ont pas de couverture maladie, sont sans-abris ou en prison, soulignent les experts-es des CDC, trois facteurs qui affectent significativement la prise régulière du traitement, ce qui joue sur le fait d’avoir ou non une charge virale indétectable.  En 2018, plus des deux tiers des nouveaux diagnostics de VIH étaient constatés chez des personnes noires ou hispaniques aux États-Unis.