Les cathinones classées comme stupéfiants

11 Septembre 2012
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Après avis de la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes et sur proposition du directeur de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), le ministère des Affaires sociales et de la Santé a décidé de classer comme stupéfiants l’ensemble des drogues de synthèse de la famille des cathinones, par arrêté publié au "Journal officiel" du 2 août 2012. "La cathinone est une substance active extraite des feuilles de khat, plante d’Afrique utilisée pour ses propriétés stimulantes et hallucinogènes. Cette substance possède une structure chimique proche de celle de l’amphétamine. Elle est le chef de file de la famille des cathinones substituées qui sont, pour la plupart d’entre elles, des cathinones de synthèse", indique le ministère de la santé dans son communiqué (16 août). Les cathinones sont souvent consommées avec de l’alcool ou d’autres stupéfiants (cocaïne, cannabis, kétamine, MDMA). Les effets négatifs les plus fréquemment rapportés sont une agitation, des palpitations, une tachycardie, des vomissements et des maux de tête, avance le ministère. Comme le rappelle le Quotidien du Médecin (20 août) : "Certaines de ces substances, à l’exemple de la méphédrone, étaient déjà inscrites en France sur la liste des stupéfiants ou sur la liste des psychotropes. Toutefois, l’apparition de nouvelles cathinones substituées et la survenue de cas d’intoxication, parfois graves, ont conduit le ministère chargé de la Santé à classer l’ensemble de cette famille de substances sur la liste des stupéfiants".
La plupart des cathinones sont apparues récemment dans l’Union Européenne, même si certains produits de cette classe font l’objet d’une consommation plus ancienne. La surveillance réalisée par le réseau national d’addictovigilance indique que la consommation des cathinones substituées est en augmentation en France et en Europe, expliquent les autorités de santé. Devant l’apparition de cas d’intoxication, parfois graves, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a donc décidé de "mettre en garde les usagers sur la toxicité présentée par ces drogues". Ces produits sont notamment vendus sous des appellations commerciales diverses type NRG, engrais pour plantes ou sels de bain ; ces dénominations sont sans rapport avec l’usage du produit, indique le ministère. Au niveau européen, plusieurs pays ont mis en place un classement de ces substances (Royaume-Uni, par exemple). Ce "classement de classe" de produits a pour objectif de freiner la circulation des produits sans cesse renouvelés en jouant sur un atome ou un autre, et pouvant échapper à l’interdiction légale faite sur une formule chimique de molécule unique. Reste que cette stratégie d’interdiction ne résout pas tout : les enjeux de prévention et de réduction des risques en matière de consommation notamment, un domaine notoirement mal financé.